SCÈNE X
ALFKED^ EMMA, paraissant à la fenêtre de la chambre à coucher ^ quelle oui^re.
EMMA
Oui, son oncle lui fera tenir cet écrit, et il verra que, malgré son injustice, je n'ai jamais cessé de penser à lui.
ALFREn.
Air : Du partage de la richesse.
Dans mon dépit, j'écrirais un volume Pour l'accabler de traits mordans.
EMMA
Ah I que l'amour n'égare point ma plume,
Cachons -lui bien mes sentimens.
Sur ses traces lorsque je vole.
Je puis bien faire enrager mon mari.
D'être éloigné cela console,
Il semble qu'on soit près de lui.
ALFR.ED j à lui-même.
Je ne sais trop par où commencer... quand on est à moitié marié...
EMMA^ de même.
C'est singulier.., il serait la... près de moi... la main ne me tremblerait pas davantage.
ALFRED
C'e.i unique... le cœur me bat... comme si j'allais la revoir. Allons, un peu de fierté...
EMMA
Point de faiblesse.
ALFRED, écrivant.
« Madame !
EMMA, écrivant.
» Monsieur !
ALFRED^ de même.
» J'éprouve nn peu de calme depuis que je suis loîu de » vous. ..(à lui-méme)Ce n'est pas mal cela; ça la piquera., „
EMMA ^ de même.
» Je suis enfin à cent lieues du plus injuste des hommes... ( à elle-même) Ah I c'est bien dur... cela va peut-être le fâcher... c'est égal... je ne kii rendrai jamais tous les tourmens qu'il m'a causés...
ALFRED , écrivant.
î)Ne vous réjouissez pascependant d'avoir trahi nu amour » comme le mien.
EMMA , de même.
i) Ne croyez pas que je me désole éternellement de votre j> abandon...
ALFRED , de même.
M J'ai découvert mon rival.
EMMA^ de même.
» J'ai interrogé mon cœur.
ALFRED, de même.
3) Et je cours à la vengeance.
EMMA , de même.
» Et je suis plus tranquille.
ALFRED j de même, » Dieu merci... je vous ai oubliée.
EMMA , même.
» Grâces au ciel! je vous hais...» (à elle'mêmé)\(i vous hais... Ah ! mon dieu , comme ce mot-la est mal écrit ; il verra que je ne îe pense pas... et puis ce n'est pas cela... du dépita de la colère... il faut recommencer... ( Elle déchire la lettre ).
Cela n*a pas le sens commnn... à force de luî répéter que je ne raîme pliis^ je lui persuaderais que je l'adore encore... Diable! il ne faut pas lui donner ce triomphe- là... Recommençon?, et meitons-ypluî de noblesse eidedigniié. ( // déchire sa lettre et ouvre un tiroir du secrétaire comme pour y prendre du papier^ et reste stupéfait à la ^ue de plusieurs rouleaux. Pendant ce temps , Emma a recommencé aussi une autre lettre^,
ALFRED, surpris.
Que vois-je?je ne me trompe pas de l'or^ de Tor ! cîiez moi, dans mon secrétaire! par quelle aventure, est-ce que par hasard j'aurais oublié ?.. non^ non... ce n'est pas mon habitude... je n'oublie jamais ces choses là, eh! mais j'y songe maintenant... c'est clair...
Air : Plus cjuun millionnaire.
Dupré, rempli de zèle, M'oblige incognito.
La manière est nouvelle , Et le trait est fort beau.
Je trouve, en ma détresse, Quel bonheur inoui !
De la délic^atesse Dans un hôlel garni.
Oui^ c'est lui qui a déjà fait escompter mes billeîs... et dans la crainte que je n'allasse jouer cet argent, il n'acra pas voulu m'en parler et l'aura caché... cet imbécile!... il doit bien savoir que je suis entièrement CQrv\^é{t}Witant des rouleaux dans sa poche\ei si je vais chez cette comtesse russe, ce n'est que dans Tespoir de dire deux mots an cousin qui peut s y trouver.. . ( e que c'est pourtarù que d'etr** bon mari, d'écrire à sa femme... sans coite atieafion délicate, je n'aurais pas découvert mes richesses.. . Allons.
(// se disposer sortir.)