ACTE PREMIER
Le théâtre représente un joli jardin à l'anglaîse, A droite, un corps de logis avec une porte d'entrée. A gauche, un pavillon élégant avec une porte de côté et une fenêtre en taee des spectateurs, fermée par une persienne. Au fond , des arbres , une chaîmille , qui laissent voiç en plusieurs endroits le mur de clôture.
SCEHE PREMIERE,
CHRISTINE, STOKWELL.
( Ils sortent de la maison à droite, )
CHRISTINE , vivement.
Non, M. Stockwell, je Ine peux^^ plus vivre comme cela I... Vous êtes l'intendant, Fliommede confiance de sir Belton... Je suis sûre que vous connaissez tous ses secrets... ainsi parlez,., je vous en conjure..,
STOCKWELL.
Mais, dame Christine...
CHRISTINE
Pourquoi me suis- je fiée à lui I.., Je croyais avoir trouvé un ami, un protecteur pour ma chère Editli !... C'est ma faute , je le sais!... Agir aussi légèrement !... Avec les meilleures intentions du monde , je ne fais jamais que des maladresses, mais celle-ci me servira de leçon , M. Slockwell !
STOCKWELL.
Allons, allons, dame Christine !... Un peu de calme I Pouvez -vous soupçonner mon maître?...
CHRISTINE
^ Mafs enfin ) quels sont ses projets? Pourquoi ce mystère 5 ces absences continuelles , ces voyages à Londres ? STOCKWELL , froidement.
Je n'en sais l ien.
CHRISTINE
Et celle maison , dans laquelle il nous tient renfermées avec tant de soin, Edith et moi... pourquoi l'a-t-il choisie dans le canton le plus isolé du comîé d'Essex? Depuis six mois que nous Fliabitons avec lui , pourquoi n'y reçoit-il personne ?
STOCKWELL.
Je n'en sais rien.
CHRISTINE , avec humeur.
Toujours le même refrain I Au moins , vous me direz , peut-être, quel est ce paquet que vous venez d'apporter de Londres , et que vous avez remis à Edith, de la part de votre maître?
STOCKWELL , plus f roide ment.
Oli I sans doute... c'est un paquet... que j'ai remis à miss Edith... de la part de mon maître.
CHRISTINE, se contenant à peine.
Avec une lettre?
STOCKWELL.
Je n'en ai pas vue.
CHRISTINE
Oh ! il y en a une bien certainement... il n^aura pas manqué de lui écrire!... [avec un dépit plus marqué,) Et ce tableau que vous avez placé tout à l'heure dans ce pavillon cache aussi , probablement quelque grand secret?
STOCKWELL , d'uTL air de honhomie.
Du tout, dame Christine, pas le moindre... C'est un portrait, à ce que je crois... seulement, vous avez vu qu'il était voilé... et sir Belton défend expressément qu'on le découvre jusqu'à son retour... Vous entendez:, dame Christine: cet ordre est pour tout le monde.
CHRISTINE , avec humeur, Pentends, j'entends fort bien, M. Stockwell; si vous croyez que je m'inquiète de votre tableau...
STOCKWELL.
A la bonne heure, dame Christine, de la patience, de la résignation... et vous verrez que le sort qui attend votre jeune pupille n'est pas à dédaigner. Si vous avez quelques ordres à me donner pour Londres, vous connaissez mon zèle et surtout ma discrétion.... ( Christine se détourne brusquement.) J'ai bien l'honneur de vous saluer. ( // sort. )