‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 207 sur 233 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CHRISTINE 5 EDITH , avec un chapeau de voyage à l'anglaise,

CViKlSTïN^^ s" arrêtant.

Elî quoi ! déjà prête , chère enfant ?

EDITH, agitée.

Ah! ma bonne, je suis dans un trouble, une agitation... Que se passe- t-il donc? qu'ai-je a redouter ?

CHRISTINE

Vous le saurez. Où est sir Bel ton ?

^ EDITH

Il est là, dans son appartement, occupé à lire une lettre qu'il vient de recevoir... C'est celle qu'il attendait si impatiemment. Mais dis- moi j d'où viennent donc les soupçons qu'il t'inspire?

CHRISTINE

Des soupçons? ail! VOUS êtes bien bonne! SirGeorges, ce digne jeune homme, vient enfin de m'apprendre la vérité sur son oncle: Belton n'est qu'un faux nomi apprenez que c'est Lord Derby,

EDITH , étonnée»

Lord Derby ! un des premiers seigneurs d'Angleterre?

CHRISTINE

Si fameux par ses richesses , et surtout par ses aventures.C'est lui qui, dans le temps, a enlevé Miss Sidney ... à telles enseignes qu'il y a eu un duel, où le frère ou le cousin a été blessé, je ne sais pas trop lequel ; il y a de cela seize ou dix-sept ans; mais je me le rappelle parfaitement : cela a fait tant de bruit dans le pays ! et c'est à un pareil homme que vous êtes confiée ! c'est avec lui que vous allez partir ?

Eh! mon Dieu oui, il m'emmène à Londres.

CHRISTINE , vivement.

Chère enfant, ne partez pas, je vous en conjure,,, refusez de le suivre, au moins jusqu'à mon retour,

EDITH

Mais pourquoi donc ? Toujours des énigmes, des demiconfidences... c'est insupportable... Quel danger me menace?

CHRISTINE , avec effroi et à voix basse. Quel danger?... S'il vous conduit à Londres, c'est pour vous entourer de tous les plaisirs... les bals, les concerts ) tes spectacles, les plus riches parures... EDITH, souriant.

Eh bien! qu'est-ce que cela a donc de si effrayant?

CHRISTINE , vivement.

Ce sont autant de pièges que la séduction emploiera pour vous perdre.

EDITH, frappée,

La séduction !..,

CHRISTINE , la serrant dans ses hras.

J'en al trppdit: calmez- vous, chère enfant, tout n'est pas désespéré, nous veillons sur vous... moi d'abord, et puis monsieur Georges , brave et excellent jeune homme... il a trouvé un moyen de vous sauver... je ne sais pas ce que c'est, mais c'est égal,^ j'y cours sur-lechamp; du courage, du courage! Mais ne partez pas^ ou tout serait perdu. ( Elle sort en courant, )

Page 1