‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 222 sur 233 · FAUVEL, TERRIER, M™* FIRMIN · texte numérisé non relu

FAUVEL, TERRIER, M™* FIRMIN

Fauvel et madame Pirmin sortent de la ferme ; le premier a le bouquet au côté , et la fermière un costume demi-paysan , très-coquet.

Air: Fragment dune Nuit au Chdteau.

FAUVEL, MAD. FiUMIN.

Dans ce jour époux et maire ,

Je me vois ta i

XI par bonté.

Il se voit ^ sa

L* bouquet h boutonnière ,

Etl'echarpek"**^''côtë.

son

PAUVEL , à Terrier.

J* te présent' ma ménagère.

TERRIER , d*un air galant.

Ah ! je ne te plaindrai point, Chacun de monsieur le maire , \ oudra devenir l'adjoint.

FADVEL , MAD. FIRMIN.

Dans ce jour, époux et maire, etc.

Bientôt tu pourras, j'espère, Par cet aimable traité ; Joindre le t^^re de père , A ta double dignité.

TERRIER, regardant madame Firmin, Je te fais mon compliment , mon ami ; ta future est charmante.

FAUVEL

N'est-pas, qu'elle est bien avenante, tout de même.

Mad. FIRMIN, minaudant.

Taisez-vous donc, André... vous n' voyez pas que

M. Terrier s' moque de nous. . . Questque c'est que les beautés d' la compagne pour un mossieu habitué à faire sa cour aux belles dames de Paris?

TERRIER

Les femmes de la ville.. . ne m^en parlez pas. .. des coquettes.

Mad. FIRMIN, avec honhommie.

En vérité? ah ! c'est bien mal à elles!. .

TERRIER

On voulait m'en faire épouser une.

Air : En prenant bien poliment.

J'ai fui les beautés de la ville ,

Et comme je veux vivre aux champs ,

J'ai cru qu'il serait plus facile

D'y satisfaire mes penchans.j

Je veux choisir une femme bien sage ,

Douce, attentive aux soins de son ménage;

Qui jamais ne se montrera ,

Prude , coquette. . . et cœtera.

Je viens la chercher au vilIagCo

FAUVEL, en riant.

T'auras d' la peine à trouver ça.

( Frappant dans la main de Terrier.) Oh ! oui , tu mérites d'être heureux , toi. . . Ce cher Jacques Terrier ! il n'a pas ouhlié ses amis. . . Dis donc ^ la nomination est-elle arrivée ?

TERRIER

J'attends la lettre du préfet.

FAUVEL

Ah ! c'est qu'il me tarde d'être maire.

Mad. FIRMIN,

Et moi , donc î

TERRIER

Je conçois. . . pour laire le bonheur de tous ceux qui vous entourent.

(^ 2 0 ) Mad. FIRMIN.

Oui; el pour ravoir mon petit chemin... y yeux mon chemin.

TERRIER

Votre petit chemin ?

Mad. FIRMIN.

Oui; j' vous conterai ça, monsieur Terrier... une horreur qu'on m'a faite... rien qu'ça. .. Un imbécille d'ingénieur qui fait passer un chemin communal dans un pré à moi. . . qu' ça me coûte deux arpens de bonne luzerne... J' dis pas... on m'a dédommagée, c'est vrai... mais je t'nais à ma luzerne, moi ; et en faisant une demilieue de plus, on avait un chemin tout aussi près et tout aussi commode... Mais laissez faire, une fois que nous serons maire, ah ! comme je m'en vais vous bouleverser tout ça î

FAUVEL

Ah ! il faudra voir pourtant...

TERRIER

Oui, oui, nous en parlerons au préfet, qui est mon voisin de campagne.

Mad. FIRMIN.

Vous avez acheté une campagne?

TERRIER

Tout près d'ici... J'espère que vous viendrez »Yi^y voir... et sopvent,

Mad. FIRMÎN.

Certainement... dans notre cariole... avec la grise.

TERRIER

Une cariole!... fi donc!... ma voiture viendra vous prendre.

Mad. FIRMIN.

Vot' voilure!... Oh! mossieu Terrier!... (y^ part*) Queu plaisir!... tout-es ces petites bégueules crèveront de Jalousie d" me voir en voiture.

TERRIER

Je veux que la femme de mon ami fasse le^s honneurs de chez moi... Nous aurons des peli les fêtes... Vous aimez la danse.**

Mad FHIMIN.

A la folie!

TERRIER

Nous danserons tous les huit jours.

FAUVïîL , avec un peu eV humeur.

Ahî ben oui ; mais qu'est-ce qui veillera la ferme pendant tout ce temp^ -là?

TERRIER, vivement.

Eh! parbleu! tu ne danses pas , toi ; lu ne te gêneras pas; tu resteras à la ferme; je viendrai prendre ta femme, je la conduirai partout... C'est qu'elle est charmante!... et...

FAïJVEL, a pan.

Eh ben î qu'est-ce qu'il a donc ?

Air : de Picaros et Diego, MAD. FIRMIN , à part.

C'est étonnant, mais comme il me regarde TERRiPR, à part.

Ah ! je la vois dejk dans mes filets. FAUYEL , à part.

Comme il s'enflamme, ah ! jarni, prenons garde, C'est qu' les amis n'y r'gard'nt pas d' trop près. Tr;RRiER, à Mad, Firmin.

Je vous quitte, ah î bientôt puissé-je, Etre tic r ^onr près de vous.

- • fk^v El , le regardant.

Vtai'rnif'ift , :î1 h i fail les yeux doux, •S^-e'fS^eomm' en qu'il me protège.

FAUVïïî ET MA.D. FIRMIN,

. ÇfiSl^^lpp.mixi\ mais comme il me la regarde ,

Je ^cireis qiTfe j'ai deviné ses projets ; C'f^f^ff il Sjeriflamme , ah ! jarni , prenons garde r '^si qu' 1» 3 ?i;ni=; n'v r'gard'nt pas de trop près. Dé trop laisser connaître mes secrets ,

TERRIER

C'est étonnant, comme elle me regarde; Je crois que j'ai deviné ses projets ; Elle sourit , mais ici prenons garde De trop laisser connaître mes secrets.

Terrier rentre dans V auberge.

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