SIMPLES
Ce n'est pas le moment de vous expliquer les motifs qui me font agir. . . Plus tard vous saurez qui je suis. . . ( Ffl/i- Bett ça pour sortir , mais il revient vivement sur ses pas lorsque Simpley ajoute. ) Il faut vous hâter. . . de me découvrir un jeune homme qui se cache à Sardam sous les habits de charpentier.
VAN-BETT , frappé.
Un jeune homme ?n . . Attendez donc.
SIMPLEY.
Un Russe.
VAN-BETT
Un étranger. . . qui se fait appeler Pierre ^
SIMPLEV.
Précisément. Vous savez donc ?
VAN-BETT, d'un air d'importance.
Si je le sais. Je guette depuis long-temps ce Pierre Flimann. . . Tout à l'heure encore j'ai reçu des instructions...
SIMPLEY.
C'est cela.
VAN-BETT, élevant la voix, Yous entendez bien qu'en le voyant , il ne m'a pas fallu ilîx minutes pour dire. . . voilà un gaillard qui. . .
SIMPLEY , saisissant sa main.
Chut 1 . . . pas d'indiscrétion,
VAN-BETT, cherchant à deviner.
Sans doute , il ne faut pas ébruiter des secrets de cette nature . . .
SIMPLEY.
Monsieur Yan-Bett,
Mi lord.
SIMPLEY.
Votre fortune est dans vos mains.
VAN-BETT
Dans mes mains
SIMPLEY.
Sachez adroitement de Pierre . . . quels sont ses projets relativement à 1'A.ngleterre. . . . Donnez-moi ensuite les moyens de le ^oir , de l'entretenir sur ses intérêts et les nôtres. . .
VAN-BETT
Pardon , ceci est pour mon instruction particulière . . . c'est toujours relativement à TAngleterre ?
SIMPLEY.
Certainement. . . deux mille guinées seront le prix de ce service.
VAN BETT, à parU
Deux mille guinées. . . pour causer avec Flîmann.
SIMPLEY.
Il faut prendre garde surtout que l'ambassadeur de France ne nous prévienne.
VAN -BETT
Ah ! il s'en mêle aussi l'ambassadeur de France ?* . .
SIMPLEY.
Sans doute ... Il est à Sardam , il le cherche , il le surveille.
VAN-BETT
Ah! je conçois. . . l'ambassadeur de France. . . il paraît que ... du moins ça me fait cet effet-là ... il est possible que je me trompe... voudrait aussi faire en sorte. . (à part,) Je n^ entends plus rien.
SIMPLEY.
Ah! çà , monsieur Van-Bett , vous vous chargez donc de conduire l'affaire ?
VAN-BETT-
Cela va sans dire. . . je conduirai l'affaire. . . 11 n'y a qu'une chose qui m'embarrasse. . . c'est de savoir au juste où et comment je conduirai l'affaire. . . parce que ensuilc le reste marche tout seul.
SIMPLEY.
Il vous sera facile en causant avec lui de fixer tous vos doutes.
VAN-BETT
C'est bien mon intention.
( 20 ) SIMPLEY,
Le temps me presse , où nous retrouverons^nous ?
VATÎ-BETT.
Où ?. . . A la grande taverne. . . Il y a une noce, notre homme y sera . . . Vous pourrez profiler de l'occasion. SIMPLEY , riant,
A la taverne ! . . . je le reconnais bien là. . . J'y viendra* déguisé , sans suite , pour écarter tous soupçons . . Vous , mon cher bourgmestre , préparez-le à me recevoir.
VAN-BEÏÏ.
Oui , milord.
SIMPLEY , remonte la scène , prend le bras de Van-Bett , redeS ' cend à droite et lui dit mystérieusement. Vous sentez combien ce coup il'état est important. VAN- BETT , prêle ï oreille pour en entendre davantage, Simpley ne disant plus rien , Van-Bett lui dit à V oreille. Milord, il devient important. . . par le fait même. . .
SIMPLEY.
Adieu. ( à part en s'en allant. ) Enfin ce czar my«*érieux est découvert et j 'aurai la gloire de l'unir aux destins de l'Angleterre. ( A\fec intention.) Deux mille guinées. . .
VAr-BETT.
Milord , je le désire de tout mon cœur.
Simpley sort.