SCÈNE XII
VAN-BETT , FLIMANN.
FLIMANN , sans voir Fan-Bett.
On va partir et Maria n'arrive pas. ( // voit Van-Bett»} Ah ! mon Dieu, encore ce bourgmestre !
TAN-BETT , d'un air riant Eh bien , mon cher Filmann ?
FLIMANN , étonné.
Mon cher Flimann . . .
V AN-BETT , à pari.
Ce ton familier paraît lui déplaire, prenons- en yite un autre, (haut.) Croyez, monsieur Flimann , que c'est pour me conformer à vos desseins , et ne pas trahir le secret qui vous retient à Sardam . . .
FLIMANN , à part Le secret. . . il sait tout. ( haut. ^ Comment , monsieur le bourgmestre , vous êtes donc instruit ?. . .
VAN-BÈÏT, d^un air confiant.
Instruit?. , . Si je ne le suis pas , je dois l'être , ainsi il est inutile de feindre davantage.
, FLIMANN.
Allons, puisqu'il n'y a plus moyen de l'éviter. . . Vous avez donc reçu des nouvelles du colonel.^
VAN-BETT
Du colonel ? oui, oui. (à part, ) Ah ! notre x\ngîais est un coloneL {touchant sa tête.) Comme tout cela se classe, (haut.) Je suis prévenu des dangers que vous courez si l'ambassadeur de France vous découvre.
FLIMANN.
L^ambàssadeur de Russie ?
VAN- BETT
Est- ce l'ambassadeur de Russie Non , non , l'ambassadeur de France , j'ai bien entendu,
FLIMANN , à part.
Eh bieii , ^èst-Ce qu'il serait^ aussi chargé de me faire arrêter?
V AN-BETT, d'un air important.
Mais ne craignez rien , le colonel anglais eSt ici.
FLIMANN.
Un colonel anglais , à présent î
VAN-BETT
Si vos intérêts... car vous concevez parfaitement la chose ? flimann;
Eh bien , non , c'est que je ne conçois pas.
(22) VAN-BETT
Pardonnez-moi, vous la concevez peut-être mieux que ceux qui ont l'air de concevoir, et qui. . . enfin si vos intérêts coïncident... avec ses intentions et ses projets... relativement à l'Angleterre. . . Alors nous nous concertons. . . les mesures sont prises. . . et nous conduisons Paffaire à la satisfaction générale de toutes les parties.
FLIMANN.
Vous croyez donc que ça pourra s ^arranger ?
VAN-BETT
Pas le moindre doute.
FLIMAISN.
C'est que j'ai fait là un fier coup de tête ! Quand je penie qu'à 19 ans c'était fait.
VAN-BETT
Oui , oui , c'était ce qui s'appelle un coup de tête. {à part. ) Je ne sais pas ce qu'il a fait. ( haut.) Mais nous sommes là, et nous leur risposlons par un petit coup d'état.
FLIMANN.
En vérité ! . . . Ah ! ça , vous allez m'expliquer . . .
VAN-BETT
Ah bien ! vous allez m'expliquer. . *
FLIMANN.
Non , c'est vous.
VAN-BETT
Ah! c'est moi. . . c'est que je crains qu'on n'entende. . . voyez-vous , M. Flimann , il paraît que dans l'origine. . . il y a eu. .. d'un côté. . . les difficultés. . . relativement à l'Angleterre. . . Viennent probablement de ce que. . . au sujet du. . . et alors. . . je crois cependant qu'il serait plus sage d'attendre le colonel anglais. . . je pourrais omettre quelques détails importans.
FLIMANN.
Dîtes toujours.
VAN-BETT
C'est inutile... d'ailleurs tout ce que je pourrais vous dire et rien ce serait absolument la même chose . . . Vous allez le voir.
FLIMANN.
Le colonel?
VAN-BETT
Oui , à la grande taverne , c'est moi qui vous ai ménagé celle entrevue, '
Ah! monsieur Van-Bett, je n'oublierai jamais un pareil service , et ma reconnaissance . . .
VAN-BETT
Chut ! chut ! ne parlons pas de cela. . . Plus tard, si vous croyez me devoir quelque chose, il sera toujours temps. ' Et moi je serai toujours là. . pour recevoir, {à part) Allons, le voilà parfaitement préparé... Je ne sais pas encore au juste ce qu'il est.. . je n'en sais même rien d« tout . > . mais encore deux conversations comme celle-là et je tiens le nœud de Pintrigue.
Il sort.