MARGUERITE, NICOLETTE
MARGUERITE
Encore un que vous refusez, mamzelle.
NICOLETTE
Ah!., il me semble que je ne pourrais jamais épouser un vieux comme ça.
MARGUERITE
Ta, ta ., ta, i»n vieux ninri! în ue sais pas ce que ça yautj tu ne connais pas les jeunes gens!
Air de Marianne.
Ils couf'nt les champs la s'maine entière , Aim'nt le jeu , V vin et cœtera ; Ils grond'nt sans cess' leur ménagère , Et souvent , ils n* s'en tienn*nt pas là. Dans son ménage , Leur femme enrage , Et r mariage Lui semble bien dur; Mais un homm* mur C'est bien plus sùr; Sans êtr' changeant Ça n'est pas exigeant.
A mener , c'est bien plus facile , D'êtr' jalouse on n'a pas 1* souci ..
Enfin , avec un vieux mari , On peut dormir tranquille.
B'alllèars celui-là est riche... à force de vendre du poivre et du sucre à la ville voisine^... il a acheté c'te maison, il vient de la faire remettre à neuf.
WICOLETTE.
Dame! s'il pouvait en faire autant pour lui...
MAEGUERITE.
Cest ça! tantôt une raison, tantôt une autre : où croyezvous qu'ça vous mènera c' biau manège là?... à être abandonnée d'un chacun^ à passer pour une coquette qui n'a rien dans la tête ni dans le cœur.
KICOLETTE, émUC.
Gomme vous me traitez ! vous ne diriez pas ça si vou* saviez... ( avec un soupir ) Allez, ma maraine, sans "que j'en aie l'air,... j*ai ben du chagrin depuis le dépari d'une personne.
MARGUERITE
T'as du chagrin depuis le départ d'uknô persoBne !, v'ià du jîouveau et qui est-ce donc ?
nicole;tte.
Eh ben c' pauvreUrbain...
MARGUERITE
Comment, ta y penserais? et vous ne m^en avez jamais rien dit !... A-t-on jamais vu une sournoise comme ça, qui se permet de penser !...
KICOLETTE.
C'est-à-dire j'en suis pas bien sûre,,., quand il était ici , je me moquais de lui comme des autr es ; mais depuis qu il est parti... aussi pourquoi n avait-il pas de patience r
— Alamzelle y faut vous décider, f suis pressé. — Et moi je ne le suis pas mo sieur, — - Faut in épouser ^ mamzelle j ou vous ne me resserrez jamais... C'était trèsmalhonnête de me mettre comme ça le marché à la main.
— Eh! mon dieu, qu'est-ce qui vous relient , monsieur? allez , partez y bon voyage! il ne manque pas de garçons^ allez... allez. Je suis sure qu'il en a été bien fâché, et moi , je ne le dis qu'à vous, mais j'en ai pleuré [dus d'une fois en cachette.
MARGUERITE
C'est ta faute aussi, Urbain t'aurait convenu. Ce que je veux moi , c'est que tu t'établisses , pourvu que ce soit un brave garçon.
NlCOLETTE.
Ah ! c'est pas l'embarras , y a des momens où j'en sui^^ toute consolée.
Air : // est plus dangereux de danser.
Quand les garçons de notre hameau Viennent V dimanche sous l'ombrage , Si pour les filles ils Ont qnequ' cadeau., J' suis ben sûr d'avoir le plus beau : Et puis chacune e rage D' les voir se disputer L'honneur de m'inviler. . , Pendant c' temps Je me partage Entre tous les galans Qui veut* me fair' danser ; Puis Suzon et Lison , Et Manon et Toinon , Vont douc'ment (ter) les pincer.
Tant qu'on est fille , ah Dieu 1 quel bonheur l Quoique sage , On peut êtr' volage :
Chaqu' jour , ou pe\it changer dé dansear i>i ais un mûri , ça me fait peur.