LA MARQUISE DE PRETINTAILLE
Note XCIV. — Au titre.
Après avoir attaqué les anciens marquis par la chanson du Marquis de Caràbas, il y avait justice à se jouer des an-
DE BËRANGER. 391
ciennes marquises. La politique n'est pas le seul côté faible de ces dames : elles offrent d'ailleurs une pâture à la satire, et le type de la marquise de Pretintaille n'est pas tout d'invention. Dans le dernier couplet, l'auteur fait allusion à la fameuse note secrètey ouvrage d'un comité ultra-congréganiste qui sollicitait auprès des cours étrangères la rentrée en France des soldats de la Sainte Alliance des rois.
A voir Déranger s'en prendre si souvent à la noblesse, quelques personnes de cette caste ont supposé qu'il avait le regret de n'être pas né, comme disent ces messieurs et ces dames. Jamais accusation ne fut moins fondée. Notre auteur n'a jamais connu que l'ambition littéraire, encore d'une maniéré fort modérée. Jamais supériorité sociale n'a pu le choquer personnellement; on peut même ajouter qu'il n'eut jamais à en souffrir; mais il regardait les privilèges de naissance comme une contradiction avec les principes de notre Révolution et comme un obstacle au bonheur de son pays. De là vient la guerre qu'il a cru devoir leur faire, guerre bien justifiée par la conduite de presque tous les hommes de caste. Déranger a vécu dans un temps où il était si facile de se faire passer pour noble, que, s'il eût eu cette fantaisie, il eût pu la satisfaire, surtout à l'aide de la particule qui accompagne son nom. Loin de là, il sympathisait, par des sentiments de justice et d'humanité, avec les classes inférieures, et il s'est toujours fait un plaisir de rappeler qu'il était né dans cette foule populaire, au progrés et à la consolation de laquelle il a consacré presque toutes ses inspirations. [Note de Béranger.)
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