LE BON DIEU
Note XCI. — Au titre.
« Est-ce ainsi que Platon parlait de Dieu? t s'écria, à propos de cette chanson, Marchangy dans son réquisitoire. Non, certes ; mais Aristophane ne parlait pas des dieux comme Platon. Béranger, dont la croyance en l'auteur de la nature ne put jamais être mise en doute^ puisqu'elle est attestée par une continuelle inspiration qui perce dans ses moindres productions, et par l'espèce de profession de foi qu'il ne
* Madame Emile de Ginrdin.
cessa de faire à cet égard, Béranger, en faisant la dianson du Bon DieUf n'eut pas Tidée de commettre une impiété, il s'en faut, il prit, cette fois, Dieu comme nos religions Font fait dans la tête du peuple, et non comme lui-même l'avait conçu. C'est cette idole grossière qui lui servit de cadre pour des couplets dont la morale, après tout, est plus en rapport avec l'Évangile que celle de nos jésuites intolérants. Harchangy le savait, mais c'était ce qu'il poursuivait dans la popularité de celte chanson. {Note de Bérangei\)