LE ROI D'YVETOT
Note VI!. — Au litre.
Lorsqu*cn 1813 cette chanson courut manuscrite, elle fut regardée comme un acte de courage, tant alors l'esprit d'opposition était éteint en France. L'auteur n'étant pas connu, on l'attribua d'abord à plusieurs personnes marquantes. Cependant la police parvint bientôt à savoir de qui elle était. Déranger, qui n'avait jamais eu l'intention d'en faire un mystère, rendit les recherches faciles. Il faut dire à la louange du gouvernement impérial que l'auteur n'éprouva aucune persécution à ce sujet et que sa petite place lui fut conservée.
Une vieille tradition veut qu'en réparation d'un crime «commis par un roi de la race mérovingienne un seigneur d' Yvetol, ville de Normandie, obtint que son petit domaine fût érigé en royamne. Malgré l'autorité des critiques éclairés qui ont contesté, avec toute vraisemblance, l'authenticité (le celte tradition, elle subsista fort longtemps et subsiste peut-être encore dans quelque province.
11 existe une liistoire de ce prétendu royaume. (Note de Déranger.)
II y a plusieurs histoires du royaume d'Yvetot, et on ne saurait dire à laquelle Béranger fait allusion. On peut en effet citer divers auteurs qui, à des points de vue différents, se sont occupés de ce royaume. Par exemple : C. Malingre, in-8% 1614; Jean Ruault, in-4S 1C31; Vertot, 1714 (Mém, de VAcad. des Imc. et B-Letl.y IV, 728); le Mercure de septembre 17Î5 et de janvier 1726; Dom Toussaint-Duplessis {Des- -cnpt, de la Haute-fformandie, in-4®, 1740, 1. 1, p. 173); le Journal de Verdun (1741, sep.); de la Rivière {Éloge des Normands, in-12, 1748); Mémoires de V Académie de Rotien (11 avril 1811 et in-8^ 1835); Alexandre Fromentin, in-S"", 1843; V***, in.l2, 1844, et Aug. Guilmeth, in-8% 1842. (Note de VÉdUeur,)