‹ Ma biographieChapitre 48 sur 71 · LE DIEU DES BONNES GENS · texte numérisé non relu

LE DIEU DES BONNES GENS

Note LXVIII. — Au titre.

C'est vers le milieu de 1817 que Béranger fit \e Dieu des bonnes cjens. Jusque-là, c'était toujours avec une espèce de timidité qu'il avait tenté d'élever le ton de la chanson. Enhardi par le succès, il osa davantage cette fois ; mais la frayeur le reprit quand il eut terminé ces couplets. Pour expliquer cette frayeur, il faut dire qu'il était reçu au Caveau qu'il ne fallait point mettre de poésie dans la chanson. Béranger avait souvent entendu professer cette doctrine par Armand Gouffé. Aussi tremhla-t-il fort lorsque, pour la première fois, dans une réunion d'hommes de lettres, il se hasarda à chanter le Dieu des bonnes gens. Les applaudissements qu'il obtint furent tels, que, dès ce moment, sûr de pouvoir dépenser dans ce genre le peu qu'il se sentait d'idées poétiques, il renonça à tout autre et conçut l'espoir de donner cà la France une poésie chantée, ce qu'elle n'avait pas, selon lui, malgré la sublimité de beaucoup de nos odes et l'excellence de plusieurs passages de nos opéras. Pour arriver à cela, il fallait continuer à se servir de nos airs de ponts-neufs, convenablement entremêler les tons, ainsi que notre langue pouvait l'exiger, s'attacher de plus en plus à dramatiser ses petits poëmes, et surtout s'astreindre au refrain, frère de la rime, quelque prix qu'il en dût coûter, car Béranger avait souvent observé que, sans refrain, la chanson ne réussissait pas, et il tint dès lors à faire tout ce que le genre exigeait pour y obtenir davantage et l'élever enfin à la hauteur des sentiments et des idées que la chanson lui paraissait appelée à exprimer, surtout à une époque où la presse était esclave. Il sentit d'ailleurs tout l'avantage qu'il y avait pour lui

ÔIO XOTES

à l'aii'o un genre qui n'avnit point de poétique et qui laissait à sa disposition tout le dictionnaire de la langue française, dont nos critiques ne permettent guère qu'une partie à presque tous I( s autres genres. (Note de Béranger.)

RRENNUS

Note LXIX. — Au litre.

Les anciens historiens rapportent que le désir d'avoir du vin ne contribua pas peu à l'invasion que les Gaulois firent en Italie. C'est là, sans doute, un conte comme tant d'autres que nous a laissés l'antiquité, et particulièrement sur cette même invasion, tels que les oies du Capitole, la balance deBrennus, l'action de Camille, etc.; mais ce sujet dut plaire à l'auteur, qui y vit un cadre pour l'éloge de son pays, où, sans prendre le ton emphatique dont il a toujours eu l'horreur, il pouvait rendre pleine justice à un peuple que ceux qui le gouvernaient alors semblaient vouloir dégrader à ses propres yeux, tandis (jue les peuples rivaux se vengeaient de vingt ans d'humiliations par un débordement d'injures contre une nation qui n'a jamais mérité ses malheurs. {Noie de Béranger.)

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