Ma conversion et ma vocation
Les trois premières parties de ce livre n’étaient pas destinées à être publiées ; je les ai ^écrites peu de temps après ma conversion. J’é-
^ tais donc encore laïque, homme du monde. Je les '• ai écrites pour moi seul , pour me rendre raison ^de ma foi et surtout pour parler à Dieu de ma 'Méconnaissance comme on parle à un ami, à
^ un père. Depuis cette époque bénie, sa miséricorde n’a cessé de me combler de grâces et de faire luire à mes yeux , à travers les nuages de l’avenir, le but que j’ai atteint et vers lequel je tendais sans le savoir. Oui, de jour en jour, je me sentais plus heureux et plus reconnaissant ;
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de jour en jour, j’éprouvais plus d’éloignement pour le siècle et plus d’attrait pour le service de Dieu. Enfin, il y a trois ans, cette miséricorde divine m’a fait entendre sa voix avec plus de force et plus de douceur encore , et aujourd’hui j’ai non-seulement le bonheur d’être catholique, mais encore celui d’être religieux et prêtre.
Et si maintenant j’imprime cette histoire de ma conversion , si je surmonte la forte répugnance que j’éprouve pour montrer mon âme à nu, ce n’est point, comme on pourrait le.
croire, pour occuper de moi ce monde que j’ai quitté. Non certes, et Dieu m’est témoin que je n’ai d’autre but que le bien, d’autre désir que celui de faire voir à de pauvres âmes égarées comme était la mienne, à toutes les âmes séparées de l’Église , mais surtout à mes chers compatriotes, qu’il existe une voie et une
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▼Il
voie plus facile qu’ou ne pense pour arriver à k vérité et au bonheur dont nous avons tous un si grand besoin. Oui, c’est surtout pour mes compatriotes, pour mes frères bien -aimés, que je publie ce livre, c’est à eux que je le dédie et le destine , car une voix puissante me dit au fond de la conscience qu’il est de mon devoir d’éclairer mes frères sur les motifs qui m’ont porté à rentrer dans le sein de l’unité religieuse , et à me condamner à l’exil , loin de mon pays que j’aime de toutes les forces de mon âme.
Mon Dieu, vous qui voyez mon cœur et qui connaissez mes désirs, faites , je vous en supplie, que mes paroles ne blessent personne; je voudrais qu’elles fussent toutes empreintes de douceur et de charité, et qu’en remplissant ce que je crois un devoir, je ne fisse de peine à qui que ce soit. Faites, ô mon Dieul que tous
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ceux qui me liront, se persuadent que l’on peut être catholique et Russe en même temps, catholique et fidèle sujet du prince éclairé et magnanime qui nous gouverne. Ah ! puisse l’empereur, à qui j’ai voué un éternel dévoùment, comprendre qu’il est digne de son cœur si noble , qu’il est digne de notre glorieuse patrie de ne pas gêner une âme catholique dans ses rapports avec Dieu ! Puisse la Russie entière savoir que le catholicisme n’est pas contraire à la nationalité, et que la vérité sera toujours le plus ferme appui de la fidélité et du patriotisme !