ACTE PREMIER
RIQUETTE
Lagingeole, Pitou.
GASTON
Et Doublemard. Tu as de bien jolis bas aujourd'hui.
RIQUETTE
J'ai de jolis bas tous les jours. (Gaston se met à embrasser les pieds
.10 RiqiK'Ue.) Eh bien ! eh bien ! veux-tu bien te tenir tranquille ! Ça me chatouille, voyons... je neveux pas... je te défends absolument...
GASTON
Que veux-tu que je fasse, alors ? Veux-tu que je lise ce que tu écris?
RIQUETTE
Toi?
GASTON
Oui, moi.
RIQUETTE, en riant.
Je veux bien.
Gaston se lève et va lire par-dessus l'épaule de Rif|nelle. GASTON.
C'est à moi que tu écris ça, j'aime à croire?
RIQUETTE
Non, ce n'est pas à toi... Trouves-tu que ce soit assez aimable? hé ? Trouves-tu que ce soit assez tendre?
GASTON
Tu écris de pareilles choses à un autre, et tu me les montres !
RIQUETÏE.
Pour te prouver que tu n'as rien à craindre.
GASTON
Je ne saisis pas bien...
RIQUKTTE.
Si je voulais te tromper, je ne te montrerais pas...
GASTON
Hum!... Est-ce qu'on sait jamais, avec vous autres?... C'est si canaille, les femmes!... Nous, quand nous vous trompons, nous vous trompons franchement, naïvement... tandis que vous... ça vous amuse d'ajouter des arabesques !
RIQIETTE.
Puisque je t'assure...
GASTON
A qui écris-tu ça ?
RIQUETTE, f-crivanl IVnveloppo.
Regarde.
GASTON
« Baron d'Arnay-la-Hutte ». — A tout hasard, j'ai bien envie de lui flanquer un bon coup d'épée, à celui-là.
.Je te le défends bien, par exemple !... Puisque je te dis que tu n'as rien à craindre... que je t'aime et que, pour le moment au moins, je n'ai aucune envie d'en aimer un autre que toi... Me crois-tu?