‹ Ma couisine; comédie en trois actesChapitre 29 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RIQUETTE

Lagingeole, Pitou.

GASTON

Et Doublemard. Tu as de bien jolis bas aujourd'hui.

RIQUETTE

J'ai de jolis bas tous les jours. (Gaston se met à embrasser les pieds

.10 RiqiK'Ue.) Eh bien ! eh bien ! veux-tu bien te tenir tranquille ! Ça me chatouille, voyons... je neveux pas... je te défends absolument...

GASTON

Que veux-tu que je fasse, alors ? Veux-tu que je lise ce que tu écris?

RIQUETTE

Toi?

GASTON

Oui, moi.

RIQUETTE, en riant.

Je veux bien.

Gaston se lève et va lire par-dessus l'épaule de Rif|nelle. GASTON.

C'est à moi que tu écris ça, j'aime à croire?

RIQUETTE

Non, ce n'est pas à toi... Trouves-tu que ce soit assez aimable? hé ? Trouves-tu que ce soit assez tendre?

GASTON

Tu écris de pareilles choses à un autre, et tu me les montres !

RIQUETÏE.

Pour te prouver que tu n'as rien à craindre.

GASTON

Je ne saisis pas bien...

RIQUKTTE.

Si je voulais te tromper, je ne te montrerais pas...

GASTON

Hum!... Est-ce qu'on sait jamais, avec vous autres?... C'est si canaille, les femmes!... Nous, quand nous vous trompons, nous vous trompons franchement, naïvement... tandis que vous... ça vous amuse d'ajouter des arabesques !

RIQIETTE.

Puisque je t'assure...

GASTON

A qui écris-tu ça ?

RIQUETTE, f-crivanl IVnveloppo.

Regarde.

GASTON

« Baron d'Arnay-la-Hutte ». — A tout hasard, j'ai bien envie de lui flanquer un bon coup d'épée, à celui-là.

.Je te le défends bien, par exemple !... Puisque je te dis que tu n'as rien à craindre... que je t'aime et que, pour le moment au moins, je n'ai aucune envie d'en aimer un autre que toi... Me crois-tu?

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