ACTE PREMIER
RIQUETTE, riant.
Les cigares, ça fait aussi partie de la profession ?
GASTON
Merci, madame Berlandet (Madame Berlandet a nni d'arranger Tongle
de Gaston) et envoyez-moi de vos cigares, s'ils sont aussi bons que vous le dites.
RIQUETTE
Rien de nouveau, aujourd'hui, pas de potins ?
GASTON, en souriant.
Depuis que nous nous sommes quittés, je n'ai guère eu le temps... Ah ! si, pourtant... un de mes camarades, qui m'a conduit jusqu'à ta porte, vient de m'en raconter un assez joli.
RIQUETTE
Lequel? dis vite.
GASTON
La petite baronne d'Arnay-la-Hutte se serait tout dernièrement aperçue que son mari la trompe avec la femme de Ghampcourtier.
RIQUETTE
Quel Ghampcourtier? Celui du cercle?
GASTON
Il n'y en a qu'un, je crois. La nouvelle fait frétiller d'aise toute notre brillante jeunesse. On se demande si la petite baronne voudra se venger et avec qui elle se vengera. Celui-là ne sera pas malheureux.
MADAME BERLANDET.
Je connais le baron, moi ! Le baron d'Arnay-la-Hutte, je le connais!...
KIQUETTE.
C'est un de tes clients ?
MADAME BERLANDET.
Non... quand je dis que je le connais, non, je ne le connais pas... mais une de mes amies, qui est ouvreuse à l'Opéra, m'a conté sur lui une drôle d'histoire. Il venait d'avoir vingt et un ans... sa mère, qui avait été une gaillarde, Fa fait appeler... « Mon fils, lui a-t-elle dit, j'ai un aveu ù vous faire... Vous n'êtes pas le fils de mon mari.. Vous êtes le fils du comte Briquet. — Ah î ma mère, quel coup vous me portez I J'avais toujours cru que c'était le duc de Mora qui était mon père ! »
RIQUETTE
Et comment l'anecdote a-t-elle été connue? Qui est-ce qui l'a racontée ? Est-ce la mère, est-ce le jeune homme ?
MADAME BERLANDET.
C'est le jeune homme : la chose, il paraît, lui avait été tellement sensible qu'il ne pouvait s'empêcher d'en parler à tout le monde...
l'.lle a fiai, elle se lève et remet daas son sac ses ciseaux, ses limes, etc. RIQUETTE.
Il n'est pas bien fort, ton baron...
GASTON
Non, il n'a pas l'air.