ACTE TROISIEME
MADAME BERLANDET.
Oui.
RIQUETTE
Il est pris, n'est-ce pas, il est bien pris ?
MADAME DEKLANDEÏ.
Je vous en réponds... Entre nous, je ne le crois pas de la force de quarante chevaux.
RIQUETTE
11 y a très peu d'hommes qui soient de la force de quarante...
MADAME BERLANDET,
Ça, c'est vrai...
RIQUETTE
11 est un peu bêbêle... (En riant.) Je ne pense pas cependant qu'il l'ait été assez pour répondre ce que tu nous as raconté.
MADAME BERLANDET.
Qu'est ce que je vous ai raconté?...
RIQUETTE
Cette phrase qu'il aurait dite quand on lui a annoncé qu'il était le fils du comte Briquet.
MADAME BERLANDET.
Vous n'y croyez pas, à la phrase ?
RIQUETTE
Non.
MADAME BERLANDET.
Vous avez tort, elle est historique... Et la preuve qu'elle est historique, c'est ce qui lui est arrive depuis... 11 a été amoureux autrefois d'une très jolie personne qui danse à l'Opéra.., après lui avoir fait la cour, il obtient enfin la permission de la reconduire chez elle... il arrive et se trouve en face d'un magnifique portrait du comte Briquet... « Qu'est-ce que c'est que ça ? » dcmande-t-il. — « Ça, c'est papa », répond-elle...
RIQUETTE
Oh!
MADAME BERLANDET.
Comme je vous le dis... ce pauvre baron n'a pas demandé son reste, il est parti comme si le diable l'avait emporté... Mais, faut être juste, il a fait dire à la jeune personne que si jamais elle se trouvait dans l'embarras, elle pouvait compter sur lui... aujourd'hui et toujours... Faut croire que c'était un gaillard, ce comte Briquet.
RIQUETTE
Oui... mon père à moi le connaissait et il m'en a parle en effet comme d'un... Il me semble qu'une voiture vient de s'arrêter...
MADAME BERLANDET.
Oui, un fiacre.
RIQUETTE
^ ite, Berlandet, rentre dans ta chambre... je puis avoir besoin de toi...