ACTE TROISIÈME
RAOUL
Ça, c'est possible...
RIQUETTE, s'asseyant.
Venez... (Uaoul veut s'asseoh- auprès d'elle.) Non, paS là, Ù lllCS genoux. (lîaonl se met à ses genoux.) C'fiSt VOUS qui êteS là, c'cst
bien VOUS...
RAOUL
Oui, c'est bien moi, oui...
RIQUETTE
Tout cela s'est passé si vite... je puis à peine croire à
mon bonheur... (Avec emportement, prenant Raoul par les épaules.)
Oh! (plus calme.) Savcz-vous cc quo je voudrais?
Non, mais si ça dépend de moi...
RIQUETTE
Justement, ça dépend de vous... Je voudrais rester là pendant une heure... immobiles... votre main dans la mienne...
RAOUL
Ah I bien non !
RIQUETTE
Pourquoi ne voulez-vous pas?
RAOUL
Vo)'ons, Riquelte... raisonnons un peu... bien que ce no soit guère le moment... Vous m'aimez, n'est-ce pas?,.. Vous me l'avez dit, vous me Tavoz écrit, et, linalement, vous avez trouvé moyen de confisquer à votre profit un rendez-
vous... très dcmaûdc. Vous m'aimez, je dois croire que vous m'aimez...
RIQUETTE
Sans doute...
RAOUL
Moi aussi, je vous aime.
RIQUETTE
J'y compte bien.
Kh bien! Riquette, puisque je vous aime... puisque vous m'aimez... et vous avez joliment raison do m'aimor!... Je me connais bien, allez!... Je ne suis pas très fort, maisjo suis très gentil.
RIQUETTE, un pou émue.
Vraiment !
RAOUL
Oui, je vous assure... lorsque j'aime, je suis gentil tout plein, et je vous aimerai tant, vous verrez!...
iuut on parlant. Raoul ossaio d'arii ver jusqu'aux lèvres de RiipioUe. RIQUETTE.
Non, embrassez- moi là, dans le cou, près des petits cheveux... (a chaque baiser que R^oul lui donne, petit soubresaut de Riquette.) Ah! ah!... (a pirt, eo $e relevant brusquement.) Mais c'CSt qu'il CSt
vraiment gentil, le misérable!... Oh! oh! il est temps d'aviser...
r.n le ivpou5s;mt. Riquctto la presque fait tomber; il reste uu instant abasourdi, puis il se relève.
RAOUL
Riquette!