Adynamie ou prostration des forces
Nous voulons parler ici d'un état de débilité, de faiblesse musculaire, qui n'est pas une suite de maladie.
Un maître -forgeron, âgé de quarante-six ans, vient se plaindre : « Mes mains ont tellement perdu leur vigueur, depuis deux ans environ, que je ne puis plus manier convenablement mon marteau. Non seulement mes bras n'ont plus qu'un tiers de leur puissance d'autrefois, ils sont devenus de moitié plus minces ; pour le reste je suis assez bien portant. Seulement je sens depuis 6 mois que mes pieds de-
viennent également beaucoup plus faibles et qu'ils me font mal, particulièrement vers le soir. L'appétit est assez bon, pourtant pas comme jadis. En outre, j'éprouve souvent une violente tension dans la partie supérieure du dos. »
Aux mains amaigries je reconnus à peine où se trouvaient les veines; j'en conclus aisément que les bras n'étaient pas alimentés : d'où la faiblesse, la raideur et le manque de calorique. Les obstructions du sang dans la nuque et les régions voisines pouvaient avoir empêché le sang de se porter dans toutes les directions.
Le forgeron dut, pendant 2 semaines, tenir une fois par jour les bras tout entiers dans un bain à fleurs de foin durant une demi-heure, et une fois par jour, à un autre moment, pendant 2 minutes dans l'eau froide ; à cela s'ajouta 3 fois par semaine le châle. Pendant ce traitement déjà les bras devinrent plus fermes, les veines se gonflèrent, les obstructions disparurent. Au bout des 2 semaines on lui administra tous les jours une affusion supérieure et une affusion inférieure, il prit 2 fois par semaine un bain chaud à fleurs de foin et 2 fois un bain froid des bras. Il continua ainsi et redevint apte à vaquer à sa profession. Pour l'usage interne il prit, pendant la durée de la cure, tous les jours 20 gouttes d'absinthe dans l'eau chaude.