Vertige
Un prêtre, dans la force de l'âge, sentait ses forces diminuer sans cesse, surtout dans les jambes. Ce n'est qu'avec une peine excessive qu'il pouvait faire encore un kilomètre, et il lui semblait que ses jambes allaient lui refuser tout service. En outre, il avait beaucoup de vertiges, au point qu'il ne pouvait rester longtemps debout, sans s'appuyer sur un objet solide et, en se tournant pendant la messe, il était obligé de se tenir à l'autel. Quand le vertige s'en allait un peu, il éprouvait une violente oppression à la poitrine et le pressentiment de l'imminence d'un coup d'apoplexie.
Quand ce patient vint ici, il avait déjà absorbé beaucoup de médecines et d'eaux minérales, tout sans résultat. Il avait très bonne mine, au dire de tout le monde, et un appétit en règle ; mais le sommeil laissait à désirer.
■ Traitement. Eloigné de sa paroisse pendant 3 semaines, il se promena chaque jour nu-pieds (dans
l'herbe, sur les dalles mouillées, dans l'eau à hauteur des genoux), reçut au début 2 affusions supérieures et une affusion de genoux par jour, plus tard des demi -bains et des bains en pleine transpiration. Vers la fin de sa cure il essaya de faire 4 lieues en un jour, ce qui lui réussit sans fatigue. Il se sentit donc parfaitement guéri et s'en retourna chez lui gai et content.
Voici un vieillard de soixante-quatorze ans, qui raconte son cas comme suit : « Je suis souvent pris d'un affreux vertige et parfois d'une violente pression sur la tête ; par intervalles les pieds sont complètement froids. Quand la tête est dégagée, j'éprouve chaque fois de grands embarras dans le bas-ventre. Je n'ai jamais de selles sans avoir pris médecine. Le livre ma cure d'eau m'a fait réfléchir. Je vous pose donc la question, si à mon âge avancé l'hydrothérapie peut avoir encore de l'effet; sinon, je m'abandonnerai tranquillement à mon sort. Si, au contraire, je puis en espérer du succès, j'entrerai dans l'eau comme un jeune homme.
En 3 semaines le brave vieillard fut si bien rétabli, qu'il regrettait d'avoir déjà transmis ses fonctions à un autre.
Traitement. 1^'' jour : le matin lotion du haut du corps avec de l'eau et du vinaigre, puis affusion de genoux; le soir pédiluve chaud avec sel et cendres, pendant 14 minutes. 2° jour: le matin affusion supérieure (un seul arrosoir plein), immédiatement après promenade de 5 minutes sur les dalles mouillées; le soir bain de siège froid d'une minute. 3° jour : matin promenade dans l'eau pendant 2 minutes, après quoi tenir les bras entiers dans l'eau ; après-
midi affusion supérieure, vers le soir bain de siège. 4^ jour : matin promenade de 3 minutes dans l'eau jusqu'à hauteur des genoux, puis immersion des bras pendant 2 minutes; après-midi affusion dorsale. Séjour : matin affusion dorsale, soir demi-bain d'une minute. Ces dernières applications, d'une force considérable, furent ainsi continuées. — Le vertige se perdit totalement, les selles devinrent régulières, les mauvais gaz furent chassés, le calorique général de la nature rétabli et toute la machine remontée. Le vieillard eut le teint pour ainsi dire juvénile, ainsi que le meilleur appétit.
L'on demandera peut-être pourquoi, chez cet homme d'un âge si avancé, on n'a employé qu'une seule application d'eau chaude dans tout le cours du traitement.
La raison en est tout simplement qu'il possédait encore passablement de forces et de chaleur naturelle ; autrement il eût été nécessaire de lui amenei plus de calorique au moyen de lotions faites (au moment où le malade sort pour un instant du lit) soit avec de l'eau chaude salée, soit avec de l'eau mêlée de vinaigre. Si chez les vieillards la chaleur naturelle se développe à la suite de lotions chaudes et qu'à titre d'essai on fasse alors une lotion froide, ils ne tarderont pas à dédaigner l'eau chaude et à préférer l'eau froide, parce qu'ils sentent que cette dernière a de meilleurs effets et qu'elle augmente davantage la chaleur naturelle.
Un prêtre âgé de soixante-dix-huit ans souffrait d'un tel vertige qu'il ne pouvait plus lever les yeux ni marcher sur la route d'un pas assuré. Il avait assez d'embonpoint; mais tout son extérieur semblait dire que le pauvre vieillard n'avait plus de
chaleur physique. Malgré toutes ces infirmités, sur lesquelles le monde n'attribue à l'eau aucune influence, son visage rajeunit d'une façon surprenante. Le vertige et toute incertitude dans la marche disparurent ; bref, ce fut comme une lampe qui, après avoir été alimentée, continue de brûler avec un nouvel éclat.
Si un vieillard lit ces lignes, il demandera comment on s'y est pris. Voici la réponse : l^'' jour : dans la matinée enveloppement, depuis le dessous des bras, dans un linge trempé dans une décoction chaude de fleurs de foin, pendant une heure et demie ; dans la soirée, une lotion bien chaude avec un mélange d'eau et de vinaigre. 2^ jour : le matin, un bain de vapeur des pieds pendant 20 minutes, suivi d'un rapide arrosement d'eau fraîche. 3^ jour : bain de vapeur de la tête pendant 20 minutes, suivi d'une affusion supérieure. 4^ jour: le matin, afîusion supérieure froide, puis une affusion des genoux; le soir, chemise mouillée, pendant une heure et demie. 5^ jour : matin, un pédiluve chaud animé de sel et de cendres ; soir, une affusion supérieure et une affusion des genoux. A partir de ce temps rien que des applications froides : alternativement affusion supérieure et affusion des genoux dans la matinée, deux heures plus tard marche dans l'eau et immersion des bras ; dans l'après-midi une affusion supérieure. Continuer ainsi pendant 6 jours environ, en ajoutant cependant une ou deux lotions totales de nuit (sortant du lit). De retour à la maison, il suffit, pendant la semaine, de marcher 2 fois dans l'eau et d'immerger les bras, et de prendre un bain de siège chaud ou froid. Pour l'usage interne une infusion de fenouil, de mille-feuille et de sauge.