‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 149 sur 200 · Insomnie · texte numérisé non relu

Insomnie

Un curé souffrait d'insomnie depuis 9 semaines. Ses forces diminuaient chaque jour, et l'esprit devenait de plus en plus incapable de penser et de réfléchir. L'abattement, la fatigue, le manque de courage, prirent la place du zèle actif et content d'autrefois. Une grande application d'esprit, les travaux et des chagrins avaient provoqué une violente surexcitation et rempli son âme d'amertume. Ces choses se vengent toujours. L'infortuné se trouvait sans cesse comme dans une fièvre ardente. Le sang agité circulait et fuyait comme un cerf pourchassé.

On le calma complètement par le bain de vapeur de la tête, le manteau espagnol, l'affusion supérieure avec affusion des genoux, le bain de vapeur des pieds, le demi-maillot, la compresse supérieure et inférieure. Ces applications furent pratiquées durant 12 jours, 2 ou 3 journellement. Dès la troisième journée le patient put dormir 3 heures, il vit encore et se porte mieux que personne.

L'insomnie, qui s'en prend à beaucoup de personnes, peut avoir de nombreuses causes : trouble dans la circulation du sang, transpiration arrêtée

OU défectueuse, gaz qui torturent l'estomac et le ventre, etc.. Elle incommode de préférence les hommes qui souvent passent leurs journées entières à un travail de tête assidu et excèdent ainsi leurs forces.

Les causes citées en premier lieu ont été suffisamment traitées ailleurs. Y a-t-il aussi, pour les hommes de cabinet, une herbe ou une eau susceptible de leur amener le sommeil ?

Je connais un monsieur très distingué, dont le corps travaillait peu, mais dont l'intelligence était surmenée. Il aurait aîmé n'avoir ni estomac, ni corps, ni pieds. Il n'est pas facile de mettre de pareilles gens à la raison. Dans notre cas cependant c'était passable : le savant accordait au pauvre corps, au compagnon rabougri de l'âme, du moins quelques miettes. Il prit l'habitude de mettre le manteau espagnol une ou deux fois par semaine. L'insomnie le quitta bientôt, et avec elle disparurent tous ces petits malaises et désordres, qui l'avaient engendrée.

Un autre monsieur se faisait apporter, chaque soir, une cuvette d'eau fraîche dans sa chambre à coucher, et la plaçait sur une chaise à côté de son lit. Le sommeil ne s'annonçait-il pas après une demi-heure ou une heure, il se levait, se lavait tout le corps et se recouchait, sans rien essuyer. Là-dessus il s'endormait. Se réveillait-il une heure plus tard, il appelait de nouveau l'eau à son secours; il le faisait même une troisième fois, quand il se réveillait trop tôt. Dans la suite je n'ai jamais entendu ce monsieur gémir sur l'insomnie.

Quant aux enfants, on a souvent beaucoup de peine à les endormir, et parfois ils se réveillent de nouveau. C'est qu'on leur a donné trop de nourriture, le petit corps souffre sous le fardeau, et la flatulence ne permet ni au corps ni à la tête de se reposer. Prenez donc une serviette, mouillez-la et entourezen le petit être, sous forme de maillot. L'enfant dormira bientôt.

Les gens de la campagne disent souvent : Un bain de pieds chaud ferme les yeux, quand le travail et la lassitude chassent le sommeil. Mais ce moyen ne suffit pas toujours dans la fatigue intellectuelle. Dans ce cas je conseille des bains de siège froids, un ou deux dans la nuit, pendant une ou deux minutes chacun. Je recommande le même moyen, quand les hémorroïdes, les gaz retenus et d'autres embarras abdominaux ne permettent pas de dormir.

Une dernière cause d'insomnie peut être le calorique inégal du corps, provenant de n'importe quoi. Il arrive, en effet, qu'il y ait un afflux de sang à la tête et à la poitrine, et partant trop de chaleur, tandis que le sang fait défaut dans les extrémités, d'où anémie, froideur des pieds et des mains... J'ai dit en différents endroits comment il faut remédier à cet état de choses.

Je ne conseille à personne d'user de narcotiques, de soporatifs artificiels, pour se procurer un sommeil calme et réparateur, Ces moyens ne sont pas naturels, et ce qui n'est pas naturel, n'est jamais profitable à l'économie.

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