‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 174 sur 200 · I. Gastralgie · texte numérisé non relu

I. Gastralgie

Amélie a, depuis une année entière, dû rendre la plupart des aliments qu'elle avait absorbés ; elle ne retenait que 3-4 cuillerées de lait tiède par jour. Elle a consulté les médecins de côté et d'autre. A la fin son pharmacien lui déclara qu'il ne possédait plus un seul remède qu'elle n'eût déjà essayé et pratiqué.

On chargea la malade sur une voiture et, sans me prévenir, on me l'amena. Que faire ? Je ne pus pas renvoyer les pauvres gens. La malheureuse était très amaigrie, ses traits affaissés, la voie cassée, — l'extrême détresse. Néanmoins elle ne toussait pas, ce qui, pour moi, était de la plus grande importance; elle n'avait que d'horribles douleurs d'estomac. On vint donc réclamer quelque chose pour l'estomac. Je priai ces gens de se calmer et de ne pas tant se plaindre du pauvre estomac, qui était un des organes les plus sains chez cette personne, mais que c'était ailleurs que cela manquait. Les uns

se fâchèrent, les autres rièrent. La malade dut se demander si j'étais bien maître de mes sens, et elle se dit sans doute : Comment! venir de si loin, avec de pareilles douleurs, pour entendre les paroles dures et impitoyables d'un prêtre !

Cela me fut égal. Pourquoi ai-je ainsi jugé le cas? La malade ne toussait pas, mais l'air et les gaz s'échappaient de la bouche. L'estomac et l'abdomen étaient remplis de gaz, remplis jusqu'à l'excès. Dans de pareilles conditions personne ne peut vivre, pas même l'estomac le plus docile et le plus tolérant : il est obligé de cesser son travail régulier, en tout ou en partie. Le mal empirait par la circonstance que la peau était toute sèche et la transpiration entièrement arrêtée.

Voici la série des applications que je prescrivis : Maillot inférieur tiède, lotion de la partie supérieure du corps, demi-maillot, lotion entière, affusion des genoux (une demi-minute), encore le maillot inférieur, affusion supérieure, agenouillement dans l'eau (une demi-minute) jusqu'au niveau de l'estomac, lotion entière, compresse supérieure et inférieure. La malade dut pratiquer, à chaque demi-journée, une de ces applications, dans l'ordre indiqué, et, en outre, se promener sur les dalles mouillées plusieurs fois par jour.

Par les maillots inférieurs tièdes j'ai cherché d'abord à réchauffer la peau, à l'humecter et à la ramollir, puis à agir principalement sur l'abdomen par les lotions entières et les autres opérations. Je réussis : l'air et les gaz sortirent par les voies naturelles ; la transpiration, fonction normale de la peau, se rétablit; l'appétit rentra dans l'estomac débarrassé de l'air et des gaz; le sang et les humeurs

augmentèrent. Dans l'espace de 5 semaines la malade retrouva la santé.

Rose souffrait de l'estomac depuis des années, de violentes crampes d'estomac depuis plusieurs mois. Très souvent elle était obligée de garder le lit et, lors même qu'elle pouvait se lever, elle avait toutes les peines pour faire le plus nécessaire de ses travaux. Différents médecins avaient déclaré que, hormis le très mauvais estomac, il ne lui manquait rien. Elle a pris beaucoup de médecines sous la forme liquide et solide, en poudres et en pilules, parfois des préparations très fortes. Son aspect annonçait d'énormes souffrances : les traits allongés, le teint pâle, le corps n'étant plus qu'os et peau ; le basventre — pour compléter l'image de la maladie — extrêmement gonflé, et ses vêtements même lui faisaient mal. Elle a souvent eu des vomissements, tandis que ses pieds et ses mains étaient habituellement froids comme la glace.

Mon diagnostic fut le même que dans le cas précédent. La pauvre fille s'était gâté le bas-ventre en passant, souvent et subitement, du chaud au froid, du foyer ardent de la cuisine dans la glacière, sans savoir comment se garantir contre les influences préjudiciables, dont elle avait eu conscience de bonne heure. Elle n'avait personne qu'elle voulût consulter et supporta les bobos aussi longtemps que possible ; mais enfin la pression de l'abdomen devint telle que l'estomac, resserré et contraint, se trouvait dans rimpossibihté de conserver les aliments absorbés.

Aux applications générales, destinées à stimuler le corps tout entier, durent s'ajouter des applica-

tions spéciales pour l'abdomen (non pour l'estomac), en vue de résoudre et d'éliminer ce qui s'y était accumulé, notamment les gaz. Voici comment se succédèrent les applications, une par jour : manteau espagnol (application générale), fomentation de fleurs de foin renflées sur l'abdomen (chaque jour pendant 2 heures), demi-maillot (résolvant et éliminant), compresse supérieure et inférieure, 2 lotions entières froides dans chaque nuit (en sortant du lit) ; puis de nouveau le manteau espagnol.

Comme applications accessoires, la marche sur les dalles mouillées ou dans l'herbe humide ainsi que parfois l'afîusion des genoux rendaient de bons services. — Après 4 semaines, il suffit d'employer, alternativement, tous les 2 jours, le manteau espagnol et le demi-maillot, ainsi que la promenade nu-pieds, comme il est dit plus haut. Rose fut guérie et se porte bien depuis lors. Récemment je la rencontrai par hasard , et elle me dit : « Jamais de ma vie je n'ai joui d'une aussi bonne santé que maintenant. »

Frédéric avait d'abord eu beaucoup de rapports acides, plus tard il rejetait tout ce qu'il avait mangé et bu. Aucun moyen ne put le soulager, et le médecin définit la maladie comme squirre avec obstruction du pylore.

L'aspect du patient n'était pas mauvais, les traits, sans doute, un peu vieillis et le teint jaune. «L'estomac, dit-il, renvoie beaucoup d'air, l'abdomen est gonflé par les flatuoisités comme un tambour, et puis apparaît régulièrement un violent mal de tête. »

Voilà de nouveau un manque d'activité dans les régions inférieures, l'atonie des intestins. De là

l'irrégularité des selles, Faccumulation des gaz et la pression exercée sur l'estomac et dans la tête. Le malade dut donc, pendant 10 jours consécutifs, appliquer chaque jour sur le bas-ventre un linge mouillé dans un mélange d'eau et de vinaigre et le maintenir 2 heures durant; prendre chaque jour un pédiluve chaud animé de cendres et de sel, et se faire lotionner le dos 2 fois chaque nuit avec de l'eau froide.

Après 6 jours, on constata déjà du mieux dans l'état général. A partir du 10^ jour, le patient eut recours au demi-maillot 2 fois par semaine, une fois au manteau espagnol et tous les 2 jours au bain de pieds avec cendres et sel. Dans la 3^ recette, je prescrivis, pour les 2 dernières semaines, 3 affusions supérieures et inférieures et 2 demi-bains (jusqu'à hauteur de l'estomac) par semaine. En 6 semaines le malade fut radicalement guéri.

. «Depuis longtemps j'ai une induration douloureuse à l'estomac. Cela me gonfle extrêmement et parfois je vomis tout avec beaucoup de douleurs. La plupart du temps les pieds me font mal et manifestent des mouvements convulsifs. Mes lèvres sont constamment blanches et tout mon corps s'amaigrit. J'ai consulté plusieurs médecins ; mais ils ne m'ont prescrit que des purges, ce qui m'a bien travaillé et affaibli. »

Traitement. 1) Appliquer 3 fois par semaine, chaque fois pendant une heure, des fleurs de foin renflées sur l'abdomen; 2) toute^s les 2 nuits sortir du lit, se laver complètement et se recoucher sans essuyer; 3) prend^re chaque matin 25 gouttes d'absinthe, et chaque après-midi 25 gouttes de gratte-cul.

Je pourrais citer encore des cas pareils en nombre considérable. Ce que j'ai dit, doit suffire. Il faut néanmoins que je constate et que je reconnaisse une chose encore : si l'infirmité ne disparaît pas, si la pression, continue et accompagnée d'une inflammation de l'estomac, n'est pas enlevée, alors les funestes et dangereux abcès prennent naissance dans l'estomac, abcès qui dégénèrent ordinairement en cancer. Mais alors encore il peut y avoir des illusions et des méprises.

Je ne vais citer qu'un exemple à l'appui. On vint me dire un jour : «Un membre de notre famille souffre, au dire des hommes de l'art, d'un cancer stomacal bien prononcé. On m'envoie simplement demander quelles mesures prophylactiques sont à prendre, pour échapper à la contagion de la terrible maladie. « J'indiquai des règles, des précautions et en même temps des remèdes, qui guérirent le malade dans l'espace de 4 semaines et forcèrent le cancer à battre en retraite. Ces remèdes consistaient en tisanes de mille-feuille, d'absinthe et de sauge, ainsi que dans l'emploi du demi-maillot, alternativement avec les bains de pieds.

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