‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 177 sur 200 · Crampes d'estomac · texte numérisé non relu

Crampes d'estomac

Monsieur N. s'est souvent refroidi, ce qui lui a attiré des douleurs de ventre, et, par suite d'une accumulation de gaz, il avait souvent des vomissements. Quand une bonne quantité d'air s'était ainsi échappée et que le vomissement avait été bien fort, il éprouvait du mieux et se sentait le meilleur appétit. Mais le mal finit par s'accentuer de plus en plus et par se déclarer après chaque repas, en prenant un degré d'intensité intolérable. Avec cela les mains et les pieds étaient froids comme de la glace, et le corps entier frissonnait un peu.

Dans ces cas l'estomac est ordinairement très innocent; c'est la pression violente de l'air qui produit les nausées et les vomissements. Ces derniers soulagent seulement pour un peu de temps. Le mal ne disparaît que quand le corps tout entier a rétabli

une chaleur égale, une transpiration égale et le cours régulier du sang.

J'obtins ce résultat en faisant, le premier jour, laver 3 fois le malade dans son lit avec de l'eau bien chaude mêlée de vinaigre et en le faisant bien couvrir, sans essuyer. Au second jour cette opération fut pratiquée 2 fois et dans la suite une fois par jour. Ce procédé suffit toutes les fois que, par suite d'un refroidissement, on a de la fièvre avec des rapports d'air et des vomissements.

Je fus appelé auprès d'une malade qui, couchée au lit, tremblait de tout son corps ; les convulsions la soulevaient tantôt en l'air, tantôt elles la jetaient adroite et à gauche. Elle ne pouvait pas parler; mais sa mère me raconta ce qui suit :

« Ma fille a constamment un horrible mal de tête, une violente oppression à la poitrine et dans la région gastrique. Ses mains et ses pieds sont continuellement froids comme la glace et humides d'une sueur gluante. Elle est mariée depuis 9 mois; les 10 premières semaines elle se portait très bien ; puis cet état s'est dessiné petit à petit pour arriver à ce degré d'exacerbation. Elle ne peut rien manger, tout au plus quelques cuillerées de bouillon ou de €afé; tout ce qu'elle a reçu des médecins, même les injections et ce que l'on emploie pour provoquer le sommeil, n'a servi qu'à aggraver la maladie. »

Je donnai à cette malade les conseils suivants : Poser 2 fois par jour les pieds dans l'eau froide jusqu'au-dessus des mollets et laver en outre les pieds avec l'éponge ou l'essuie-mains; immédiatement après, immerger les mains et les bras dans l'eau froide jusqu'aux épaules, pendant une minute, et en

outre laver les mains. Après cela, les mains et les pieds devront être mis sous la couverture chaude du lit. Tous les matins et tous les après-midi, la malade doit prendre 12 gouttes d'essence de camomille (voir pharmacie) dans 6 ou 8 cuillerées d'eau chaude. En fait de nourriture elle doit prendre de temps en temps 3 ou 4 cuillerées de lait ou de café de malt; il est préférable de faire alterner les deux.

Après 12 jours, la malade était remise au point d'avoir de l'appétit pour la nourriture ordinaire; les crampes étaient parties, l'oppression à la poitrine et à la région stomacale avait cessé; le mal de tête n'existait plus, les mains et les pieds étaient chauds.

Elle employa ultérieurement les applications suivantes : Tous les 2 jours, immersion des pieds dans l'eau froide, comme il est dit ci-dessus ; 2 fois par semaine, un bain de pieds chaud, animé par des cendres et du sel, pendant 14 minutes, et, une fois par semaine, se lever de nuit pour se laver le corps entier et se recoucher tout de suite après. A la place des gouttes de camomille, elle prit de l'essence d'absinthe et de sauge, chaque fois 10-12 gouttes, dans l'eau chaude. La malade se trouva si bien remise qu'elle put de nouveau aller à l'église et reprendre ses occupations domestiques. Pour se rétablir complètement et se fortifier davantage, il ne lui fallut plus qu'une lotion froide par semaine ; mais ces lotions seraient avantageusement remplacées par des demi-bains.

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