‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 195 sur 200 · Rétention d'urine · texte numérisé non relu

Rétention d'urine

Je fus appelé, un jour, en toute hâte auprès d'un charpentier septuagénaire, pour le préparer à la mort, parce qu'il souffrait d'une horrible rétention d'urine. J'accourus, mais il me fut impossible de remplir mon ministère; car il ne pouvait rester tranquille et courait d'un coin de la chambre dans l'autre, en poussant des cris de douleur. Sa femme, gémissant et pleurant avec lui, ne savait que faire. Le médecin demeurait à deux lieues, de sorte qu'à son arrivée il ne trouverait plus le malade parmi les vivants. J'ordonnai de faire vite de l'eau bouillante,:

de préparer en même temps une chaise percée et de mettre dans le vase une poignée de prêle, sur laquelle fut versée l'eau en ébullition. Aussitôt le malade se mit sur la chaise et laissa la vapeur chaude de prêle se répandre sur les parties endolories. Je lui dis de rester dans cette position pendant 20-30 minutes, puis de se mettre au lit. Je partis en promettant de revenir après une heure, pour apporter les derniers sacrements. Je revins alors et trouvai le patient couché tranquillement dans son lit et couvert d'une abondante sueur. Il me raconta avec bonheur que déjà il avait évacué 4 litres d'eau et qu'il ne ressentait plus la moindre douleur. Inutile, par conséquent, de s'occuper de la préparation à la mort. Le lendemain il prit encore un bain de vapeur de 20 minutes, comme la veille ; le troisième jour il se reposa, et le quatrième il retourna à son métier. — Le sujet s'était refroidi et avait ainsi gagné son mal. Il est incroyable combien une petite herbe, employée à propos, peut soulager et secourir dans les heures de douleurs et d'angoisses.

Un cultivateur fut affecté de la même infirmité. Il souffrait d'un affreux besoin d'uriner et d'horribles douleurs. Le médecin procéda au cathétérisme ; mais, pour comble de malheur, le cathéter se brisa, de sorte qu'au mal existant s'ajouta un nouveau supplice, l'un plus épouvantable que l'autre. Quel martyre jusqu'à ce qu'enfin le morceau de la sonde resté dans le corps en fût extrait ! Il se déclara une telle inflammation qu'il n'y eut plus moyen de songer au cathéter. Le médecin chercha à pénétrer dans la vessie avec un instrument. Mais voilà qu'un double essai échoua, après quoi il déclara qu'il n'y

avait plus moyen de sauver le malade et qu'il était temps de lui administrer les sacrements. Le curé de la paroisse arriva. Heureusement il avait entendu parler de la manière dont j'avais guéri le charpentier nommé ci-dessus. Aussitôt le même remède fut employé, et l'effet ne se fit pas attendre : la vessie se vida, l'inflammation disparut, et le malade se rétablit complètement. Il prit tous les jours 2 de ces bains de vapeur.

Outre cette application extérieure, il est bon de prendre aussi du thé de prêle, chaque jour une tasse, partagée en 2-3 portions.

Un pauvre journalier eut pendant plusieurs semaines de grands embarras de vessie. Le mal augmenta de jour en jour. Il employa les vapeurs de prêle, qui, cette fois, ne voulurent pas produire d'effet. C'est que les vapeurs seules n'étaient pas assez fortes, il fallut corroborer leur action par d'autres moyens. On fit donc une décoction de prêle, on y trempa un linge plié en 4, on le tordit un peu et on l'appliqua très chaud sur la partie malade. Chaque jour un bain de vapeur de prêle et une pareille fomentation de 2 heures, cela fut plus que suffisant : en peu de jours le mal avait disparu. — Dans ce cas aussi, comme dans le précédent, il avait été provoqué par un refroidissement, qui, cette fois, n'était pas la seule cause ; il y avait en outre des causes secondaires. L'urine rendue fit reconnaître qu'il s'était dégagé beaucoup d'éléments malades.

Dans un cas semblable j'ai employé, en place de la prêle, de l'eau chaude mélangée avec du vinaigre. Les linges trempés dans ce liquide et appliqués produisirent le même résultat.

Une mère de famille était alitée depuis 19 semaines et avait toujours recours à la médecine. Les hommes de l'art prenaient son mal pour un cancer de la vessie. Les douleurs étaient souvent si grandes que les voisins entendaient crier la pauvre femme, et personne n'avait plus d'espoir pour elle. J'ai conseillé à la malheureuse de faire une décoction de prêle, d'y plonger un linge, de le tordre un peu, d'y envelopper la prêle qu'elle avait fait bouillir, et d'appliquer ce cataplasme sur l'abdomen, sur la partie souffrante. Dès la première application la malade se sentit soulagée. Elle fit ainsi durant 5 jours, 3 ou 4 fois journellement, laissant le cataplasme chaque fois 2 bonnes heures. En même temps elle prenait du thé de prêle, 3 fois par jour. Le cinquième jour un calcul salin fut évacué au milieu d'indicibles souffrances. Apremière vue on pouvait constater que des morceaux s'étaient détachés de cette pierre. Le mal était guéri, le fameux cancer enlevé.

Un homme de soixante-quatre ans, au reste fort et bien portant, se trouva dans l'impossibihté de lâcher l'eau. Il fit appeler le médecin. Celui-ci employa le cathéter et déclara qu'il n'y avait plus de remède à ce mal. En effet, il fallut le chercher toutes les 24 heures pour cette désagréable opération. Au' bout de 4 jours une fièvre ardente se dessina dans tout le corps de notre homme et — chose fatale — il lui fut défendu de rien boire. Il y avait donc 2 tourments qui torturaient le pauvre corps, et le médecin n'avait plus guère d'espoir. Je fus consulté, et je conseillai de faire coucher le malade sur un linge plusieurs fois plié et trempé dans l'eau chaude, cela durant trois quarts d'heure, puis de tremper à nouveau

le même linge et de l'appliquer pendant une heure sur le bas-ventre (compresse inférieure et supérieure) . Déjà après la première application il s'échappa un litre et demi d'eau. Cette opération fut pratiquée 2 fois par jour, plus tard une fois seulement. Pour l'usage interne le patient prit journellement, en 3 portions, une tasse d'infusion de prêle, de baies de genièvre ou de racines d'hièble (infusées dans l'eau pendant 5 minutes). Le romarin macéré dans le vin, même les seules baies de genièvre, infusées dans l'eau et prises en forme de thé, auraient également rendu de bons services. Le premier mal avec ses douleurs prit fin, la fièvre aussi disparut entièrement, et le brave homme se trouve depuis cette cure mieux portant qu'auparavant.

Un cultivateur d'environ quarante-deux ans raconte : « Je suis souffrant depuis quatre ans, et cela augmente de mois en mois ; j'ai de la difficulté à lâcher l'eau. Il m'est impossible de résister plus d'une demi-heure au besoin d'uriner; quand cela dure plus longtemps, le mal gagne en intensité, au point que j'ai des crampes violentes, et ce n'est qu'à la cessation de celles-ci que je puis rendre un peu d'eau. J'ai déjà consulté beaucoup de médecins, rien n'y a fait. Sur la recommandation d'un médecin de . Munich j'ai bu 80 bouteilles d'eau minérale, ce qui m'a soulagé un petit peu ; mais le mal n'est point du tout enlevé. Il faut que je me lève toutes les demi-heures de la nuit, pour rendre un peu d'urine; si je ne le fais pas, le mal empire. Pour le reste, je suis très bien portant; on me répète sans cesse que j'ai bonne mine ; je bois rarement de la bière, parce qu'elle ne fait qu'aggraver mon mal, et d'ail-

leurs je n'en buvais jamais beaucoup. Qu'y a-t-il à faire ? »

Traitement. 1) Dans la semaine 2 bains chauds, faits d'une décoction de paille d'avoine, à 30-32°, avec triple alternative : 10 minutes dans l'eau chaude, puis une demi-minute dans l'eau froide ; ensuite de nouveau 10 minutes dans le bain chaud, et une demi-minute dans le bain froid, etc.. 2) Les autres jours de la semaine, c'est-à-dire chaque jour libre, un demi-maillot depuis les aisselles jusqu'aux genoux, trempé également dans l'eau de paille d'avoine et maintenu pendant une heure , si possible. — Continuer ainsi pendant 12-14 joars. 3) Tous les jours 3 petites tasses d'infusion de prêle et de baies de genièvre, cuisson de 10 minutes.

Un domestique eut une rétention d'urine très pénible •: il ne pouvait lâcher que fort peu d'eau à la fois, et cela au milieu de violentes douleurs.

Le médecin déclara ne pouvoir donner issue à l'urine qu'au moyen du cathéter, ce qu'il fit tous les deux jours, pendant un certain temps. En attendant, le mal augmentait toujours, les douleurs redoublaient.

Le domestique prit alors 2 fois par jour 25-30 gouttes d'essence de genièvre et de gratte-cul dans un verre d'eau. Dès la première demi-journée il remarqua du mieux, dans 10 jours le mal fut passablement enlevé. Il continua encore dans la suite à prendre les gouttes marquées ci-dessus, en alternant toutefois avec des gouttes d'absinthe, et fut délivré ainsi de son infirmité en peu de temps.

Pour tous les états maladifs de l'appareil urinaire en général, affections de vessie et calculs, je recom-

mande beaucoup la tisane de feuilles de cassis (grosseiller à fruit noir). Elle a déjà rendu d'excellents services, même dans des cas excessivement graves.

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