‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 197 sur 200 · Gravelle et pierre · texte numérisé non relu

Gravelle et pierre

Il arrive bien souvent que des calculs, c'est-à-dire des concrétions urinaires se forment dans les reins et dans la vessie, c'est la gravelle et la pierre. Quiconque a vu un malade atteint de cette affection ou l'a éprouvée lui-même, connaît l'intensité épouvantable de pareilles douleurs. La guérison au moyen de l'eau est sûre et s'effectue de la plus facile et de la meilleure manière.

Nous rangeons en première ligne les bains à paille d'avoine. L'on fait bouillir de la paille d'avoine fou, à son défaut, de la prêle) pendant une demi-heure, et l'on verse la décoction dans un bain chaud à 30° R. environ. Le malade reste une heure dans le bain, afin que celui-ci ne le rende pas trop flasque ; il se lave, immédiatement après, avec de l'eau fraîche. On peut prendre 3 de ces bains par semaine.

En outre, 2-3 demi -maillots par semaine ou, à leur place, des compresses humides sur les endroits douloureux (linges plies en 4 ou 6 et entourés, comme d'ordinaire, pour empêcher le contact de l'air) rendent d'excellents services. Ces 2 applications sont naturellement à prendre au lit. Elles résolvent les calculs dans la vessie et dans les reins et les éliminent. Mais c'est précisément dans ces maladies qu'il ne faut pas oublier le thé.^ Nommons tout d'abord l'avoine : on l'infuse pendant une demi-heure, et de cette tisane on boit tous les jours 2 tasses. La tisane de paille d'avoine, préparée de la même façon, a une action plus énergique que celle d'avoine. La tisane de prêle n'a guère de rivale. Je cite encore les grattecul, dont la décoction sert également de thé et a une vertu bien salutaire, pourvu qu'on en use pendant un certain temps, et l'expérience m'a appris qu'il préserve surtout du retour de l'affection calculeuse. Les applications indiquées ci-dessus doivent être pratiquées dans le nombre* donné et pendant 2-3 semaines ; après ce temps, on n'en pratiquera que la moitié, pendant 3-4 autres semaines. L'infirmité disparaîtra certainement sous la bénédiction du médecin des médecins.

Un homme, qui avait procédé suivant mes indications, me raconta que chez lui plusieurs milliers de ces petits calculs avaient été évacués dans l'espace de quelques semaines.

Un autre était tellement atteint de la gravelle et de la pierre que l'âcreté des concrétions urinaires

1 J'indique 4 sortes de thés, dont une au moins sera à la disposition de chacun de mes lecteurs.

descendit même dans les pieds, où se forma une quantité innombrable de pustules. Par intervalles,, tout le corps éprouvait un fourmillement, un prurit, une cuisson très désagréable. Il prit 30 bains dans l'espace d'un an, le manteau espagnol plusieurs fois par semaine, ainsi que du thé des 4 sortes indiquées plus haut, ce qui le délivra complètement de son affection douloureuse.

Un monsieur, dans la force de l'âge, devint malade. Il eut de violentes douleurs dans les reins et ne parvint plus à évacuer l'urine. Les médecins dirent que la vessie renfermait un calcul qui ne pourrait être enlevé que par une opération. Le malade ne voulut en aucune façon entendre parler d'opération.

Le patient reçut la visite d'une personne de sa connaissance, qui vint s'informer de son état. Il lui exposa son mal et reçut le conseil de prendre, à midi, le soir et le matin, un bain de siège fait d'une décoction de prêle, et de boire avant chaque bain une tasse de thé de cette même prêle. Au bout de 36 heures il partit un calcul presque de la grosseur d'une noix. Subitement toute douleur disparut, et le malade était guéri.

Monsieur K. de D. écrit : «J'étais très malade depuis 6 semaines et souffrais beaucoup des hémorroïdes. J'avais 3 médecins, qui diagnostiquaient la pierre et la gravelle; aucun ne put me secourir. Comme j'étais incapable de tout service, je dus soigner pour un remplaçant. Alors j'appris indirectement que mon médecin avait insinué que ma maladie était incurable. Un autre médecin me conseilla d'al-

1er à Heidelberg. Je préférai mourir chez moi, plutôt que dans une ville étrangère. Je n'en fis donc rien, tandis que le mal empirait de plus en plus, et je vous dis, monsieur le curé, ea place de l'urine, j'ai évacué au moins 2 litres de sang. J'étais résigné à mon sort et attendais la fin ; je faisais dire des messes en l'honneur de la Sainte-Vierge et, si dans la nuit les horribles douleurs ne me laissaient pas dormir, je m'écriais : Ah ! quand donc serai-je délivré de mes souffrances? Enfin, quand j'eus absorbé pour 141 francs 63 centimes de médecine et d'eau minérale, le bon Dieu m'écouta. J'entendis parler de votre livre, je le fis venir, je commençai la cure et, au bout de huit jours , je ne sentais plus de douleurs : mon urine (qui avait été trouble comme la bière gâtée) était claire comme l'eau de source, et aujourd'hui, après 4 semaines, je suis, en dépit de mes soixante ans, gai et bien portant comme un jeune homme de dix-huit ans. Oui, si je n'avais pas honte, j'irais danser au carnaval. Malgré le médecin, qui ne croyait plus à ma guérison, je suis parfaitement guéri. Si votre livre ne m'était pas tombé entre les mains, je serais certainement enterré à l'heure qu'il est. »

Pour terminer, laissez-moi dire un mot à l'adresse de la jeune génération, qui aime tant à rejeter ce qui est vieux, parce que c'est vieux et que c'est fondé sur des préjugés, sur l'ignorance ou sur la superstition — c'est du moins son avis — et qui recherche sans cesse et avec avidité ce qui est nouveau.

Le Créateur, dans sa bonté et sa sagesse, a pourvu à tous les maux, dont le nombre et l'intensité sont considérables; parmi eux compte l'infirmité

en question, dont les douleurs sont vives, continues ou exacerbantes, parfois atroces, et ceux qui en souffrent sont nombreux. Il fait croître sur la surface delà terre les plantes les plus variées, qui adoucissent les souffrances, corrigent et guérissent les maladies. Les hommes ont, il est vrai, effacé des pharmacopées, c'est-à-dire des livres qui traitent de la composition et de la préparation des remèdes, ces plantes médicinales comme non-scientifiques et surannées; c'est là du progès, et quel progès ! Mais le Créateur infiniment sage fait apparaître annuellement chacune de ces plantes, avec leurs noms, dans le grand livre de la Nature. Il n'en a rayé aucune, ni buisson, ni feuille du buisson; elles sont là pour Thomme, pour sa joie, pour sa prospérité. Qui a raison ? C'est chose curieuse, chaque bête, notamment chaque bête sauvage répond, sans doute poussée par l'instinct, aux vues du souverain Maître. Guidée par la ^loi de la nature, elle sait trouver pour chaque douleur et pour chaque blessure l'herbe curative voulue ! Nos pères et plus d'un parmi ceux qui vont descendre dans la tombe et dont les idées sont passées de mode, faisaient de même.

J'applaudis au progrès dans le domaine de bien des sciences, et j'en suis heureux. Mais tout ce qui porte cette enseigne des temps modernes, tout cela n'est point progrès en réalité.

Mon petit livre est, en première ligne, écrit pour les pauvres et les malades de la campagne, et je leur dis : Remerciez votre Créateur de tous ces dons, qui sont souvent les meilleurs, et ne portez pas envie aux autres, aux riches ! Tenez-vous en tranquillement à vos bonnes herbes médicamenteuses. Que vous les employiez à l'intérieur ou à

l'extérieur, vous avez l'assurance (même dussiezvous dans l'un ou l'autre cas n'en pas faire l'emploi correct) qu'elles ne pourront pas vous porter préjudice. Laissez aux riches leurs produits minéraux et vénéneux, que le nom brillant et l'usage universel ne rendent pas meilleurs ! Je serais peiné de savoir que vous aussi, vous foulez aux pieds les dons de Dieu, les petites plantes médicinales, que le Seigneur fait germer et croître devant votre maison, dans le champ, sur le pré. Oh ! alors je ne pourrais et je ne voudrais plus, malgré tout l'intérêt que je vous porte d'ailleurs, venir à votre secours !

TABLE ALPHABETIQUE

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