‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 30 sur 200 · Affusion totale · texte numérisé non relu

Affusion totale

L'affusion entière ou totale s'étend à tout le corps, depuis le cou jusqu'à la pointe des pieds. Le mode d'emploi est le suivant :

Le patient, revêtu d'un caleçon ou d'une chemise, s'assied sur une planchette dans une baignoire ou dans une large cuve de bois ou de zinc. L'affusion

s'effectue, par devant et par derrière, (voir fig. 17.) à la dose d'environ 4 arrosoirs d'eau. Le premier humecte le corps tout entier; les autres (trois ou davantage) sont employés à irriguer toutes les parties du corps, notamment la moelle épinière et les principaux plexus, c'est-à-dire la nuque et ses deux côtés, puis le creux de l'estomac (région épigastrique, sympathique pneumogastrique).

Je recommande expressément cette affusion aux personnes bien portantes, surtout aux personnes ventrues. Elle endurcit , favorise la circulation du sang, fortifie et enlève à ces individus anémiques et «hydrophobes » leur sensibilité excessive. Fig. i?.

Si l'on a froid ou qu'on frissonne, il ne faut pas prendre cette affusion, à moins qu'on ne rétablisse préalablement la chaleur normale, soit par le mouvement, soit par un moyen factice, comme le bain de vapeur des pieds ou de la tête. En dehors de cela, on peut la prendre en toute saison, en hiver cependant dans un local chauffé.

Pour les personnes débiles ou maladives, il est bon de faire dégourdir, d'attiédir un peu l'eau, qui doit avoir au moins le même degré de chaleur que celle des établissements de bains en été (15-18° R.).

La description des maladies en particulier indique dans quels cas et combien de fois l'affusion totale est

à pratiquer. Je la préfère sous beaucoup de rapports au bain complet et je l'emploie, en place de ce dernier, quand je veux agir d'une manière énergique, par le jet d'eau, sur une partie bien souffrante, ce qui arrive souvent dans les cas de rhumatisme.

Aux malades, chez lesquels je veux obtenir d'abondantes résolutions et sécrétions, j'administre, après l'affusion totale, le traitement suivant : la chemise, qui a été mouillée par l'affusion, est promptement tordue un peu, de manière que l'eau n'en dégoutte plus, et employée alors en guise de maillot pendant une heure ou une heure et demie. En dehors de ce cas, il faut naturellement l'éloigner et la remplacer par une chemise sèche. Le patient se donne lui-même du mouvement, jusqu'à ce qu'il soit complètement desséché et réchauffé.

Une remarque en passant. Je ne pratique pas et je n'approuve pas les douches à percussion forte, les projections violentes de l'eau sur le corps, telles qu'on les administre en maint endroit. Je ne comprends absolument pas quel effet doivent produire ces grands et puissants jets d'eau sur une personne bien portante, sans même parler des malades. On n'a pas besoin d'une pompe à incendie pour laver le corps : qui en aurait l'idée ? Ces trombes d'eau ne sont pas nécessaires pour un arrosement. Car la maladie est guérissable ou non : si elle est guérissable, un traitement modéré trouvera prise sur elle ; si elle est incurable, à quoi bon un traitement rude et rigoureux? Il fera plutôt du mal.

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