Tussilage
{Tussûago petasitis etfarfara.)
Le Créateur a fait germer tant de plantes très peu estimées ou même méprisées au point qu'on éprouve un certain plaisir à pouvoir leur donner un coup de pied. C'est aussi le sort du tussilage, qui passe ordinairement pour une très mauvaise herbe ; mais quiconque le commit, l'estime et le traite en bo,n ami. Il y a deux sortes de tussilage : le tussilage pétasite (froid, hybride) et le tussilage farfara ou ordinaire, appelé aussi pas-d'âne.
Le tussilage, pris en forme de thé, est un excellent remède béchique, purifiant la poitrine, dégageant les poumons, calmant la toux, soulageant l'asthme, notamment quand il y a prédisposition à la phtisie. Les feuilles de tussilage peuvent être appliquées, à nu ou entre deux linges, sur la poitrine : elles attirent au dehors la chaleur du corps, arrêtent l'asthénie (prostration des forces) et éloignent les fièvres. Elles exercent aussi une très bonne influence sur les plaies suppurantes, dont elles enlèvent l'inflammation et la rougeur, et elles éliminent les éléments morbides.
Ces mêmes feuilles ont une efficacité toute particulière sur les ulcères des pieds, dont les bords sont d'un bleu noirâtre : elles dissipent la chaleur et la douleur, et, l'application étant répétée, elles amènent la guérison complète. Il faut dire la même chose pour le traitement de l'érysipèle et d'autres états de maladie semblables.
Les feuilles de tussilage, séchées à l'ombre et pulvérisées ensuite, peuvent aussi être prises, à la dose d'une ou de deux pincées chaque fois, à 2-3
reprises durant la journée. Cette poudre peut également être mélangée aux aliments.