‹ Ma vie. I, 1813-1842Chapitre 160 sur 285 · DÉPART DE BERLIN, KONIGSBERG · texte numérisé non relu

DÉPART DE BERLIN, KONIGSBERG

l’unité rythmique fortement accentuée de toutes leurs parties. Cette impression se grava vivement en moi et m’a guidé, entre autres, dans la conception de mon Rienzi , de telle sorte que Berlin aussi laissa une empreinte dans mon développement artistique.

Pour le moment cependant il s’agissait de me dégager d’une situation presque désespérée. J’étais décidé à me tourner du côté de Kônigsberg. Je fis part à Laube de mon intention et de l’espoir qui s’y rattachait. Cet excellent ami crut de son devoir, sans que je le lui eusse demandé, de m’aider énergiquement à sortir de mes complications berlinoises afin d’atteindre le but que je me proposais, et il y arriva grâce à l’appui de quelquesunes de ses bonnes connaissances. Il lisait dans mon cœur, et, au départ, il me recommanda de ne pas me laisser entraîner par la banalité de la vie de théâtre, même si, selon mes désirs, je réussissais dans la carrière de chef d’orchestre ; il me dit encore de ne pas courir à mes amours après une répétition fatigante, mais bien plutôt de prendre en main un livre sérieux, afin de cultiver avec vigueur mes meilleures facultés aussi. Je lui cachai mon intention de me préserver à l’avenir de l’excitation des aventures amoureuses de théâtre en mettant un frein prématuré et définitif à toute dissipation de ce genre. C’est dans cet état d’âme que j’entrepris le 7 juillet suivant le voyage de Kônigsberg, très long à cette époque et des plus fatigants.

Il me semblait que je m’en allais au bout du monde en roulant ainsi pendant des jours entiers à travers les déserts des Marches prussiennes. Ma première impression

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