OUVERTURE EN « UT MAJEUR
tournai vers une musique plus claire et plus calme.
Mes études de contrepoint surtout me portèrent à admirer la façon légère et facile dont Mozart résolvait les plus difficiles problèmes techniques. Je considérais surtout la dernière partie de sa grande symphonie en ut majeur comme un modèle digne d’être suivi. Mon ouverture en ré mineur , encore fortement influencée par celle du Coriolan de Beethoven, avait été bien accueillie du public et avait amené le premier sourire d’espoir sur les lèvres de ma mère. Je me présentai alors avec une seconde ouverture en ut majeur finissant en un fugato qui faisait, pensai-je, honneur à mon nouveau modèle.
Cette ouverture aussi fut exécutée dans un concert que donna la cantatrice en vogue Palazzesi (de l’Opéra italien de Dresde). Je l’avais déjà fait entendre et dirigée moi-même dans la société musicale Euterpe . Je me souviens de l’impression singulière que me produisit à cette occasion une remarque de ma mère. Elle avait trouvé étrange cette œuvre écrite dans le style du contrepoint et sans mouvement passionné, et elle m’en exprima son étonnement, par l’approbation spéciale qu’elle donna à l’ouverture d ’Egmont, qu’on venait de jouer. « Cette musique, dit-elle, est pourtant autrement émouvante que ces bêtes de fugues. »
Je composai alors une troisième œuvre dans laquelle Beethoven reprit ses droits. C'était une ouverture pour le Roi Enzio, un drame de Raupach. Par l’entremise de ma sœur Rosalie, j’obtins qu’on la jouât au théâtre avant la représentation de la pièce. Prudemment, on ne