VOYAGE DANS LES PAYS RHÉNANS (AOÛT
sement que le prévoyant palefrenier vint à ma rencontre. Au beau milieu de la place, il m’aida à descendre et en souriant, il emmena la bête. Ce fut mon dernier et définitif essai d’équitation ; il m’en coûta dix cartes d’abonnement qui restèrent inutiles dans mon tiroir.
Dès lors, je me contentai de promenades à pied par le bois de Boulogne et, suivi gaiement de Fips, je découvrais journellement de nouvelles beautés dans ce parc si bien entretenu.
L’été parisien avait fait un certain vide tranquille autour de moi. Satisfait du résultat inespéré de son déjeuner chez Vachette, car l’ordre impérial de faire présenter mon Tannhâuser en avait été la conséquence directe, Bülow était retourné en Allemagne depuis longtemps. Au mois d’août, je me mis moi-même en route vers le Rhin. Passant par Cologne, je me dirigeai d’abord sur Coblentz où je croyais trouver Augusta de Prusse. Mais j appris qu’elle était à Baden-Baden. Je me rendis alors à Soden d’où j’emmenai Minna et sa nouvelle amie Mathilde Schiffner. Nous touchâmes barre à Francfort et cest là que, pour la première fois depuis mon séjour à Dresde, je revis mon frère Albert, également de passage.
Il me vint à l’idée que je me trouvais dans la ville qu’habitait Arthur Schopenhauer ; une singulière timidité me retint cependant d’aller le voir. Mon esprit était alors trop distrait pour que, dans une conversation avec le philosophe, j’eusse pu atteindre le but que devait avoir, me semblait-il, une rencontre avec Schopenhauer, et mes pensées, d’ailleurs, étaient trop distantes de lui. Je remis donc à un « autre » moment cette visite qui me