PROJETS DE CONCERTS
vue. Et de presque partout, de Darmstadt en particulier, je recevais des réponses négatives. A Carlsruhe où je m'étais adressé directement au grand-duc, on parut hésiter. Mais la plus grande déception m’arriva de Pétersbourg : un refus catégorique m’enleva tout espoir de voir s’accomplir le plan que j'avais soumis et par lequel j’exigeais des honoraires fixes pour mes peines. A ce qu’on m’assura, la cause de ce non possutnns provenait de la révolution polonaise qui, ayant éclaté pendant l’été, paralysait tout essor artistique.
Les nouvelles de Moscou furent meilleures ; on m’offrait la perspecive d’y diriger- quelques bons concerts l’année suivante. Alors, je me souvins que le chanteur Sétoff m’avait parlé de Kiew comme d’un terrain où je pourrais travailler de façon lucrative. J’entrai donc en correspondance avec cette ville ; mais on me renvoya également à Pâques prochain, époque à laquelle s’y réunissait la petite noblesse des environs. Tous ces projets étaient si lointains que d’y penser je perdais toute la quiétude nécessaire à ma besogne actuelle. Une chose était certaine : il me fallait jusque-là pourvoir à mon entretien et à celui de Minna. Obtenir une position à Vienne? C’était fort problématique. Ainsi à l’approche de l’automne il ne me restait d’autre ressource que d’emprunter. Tausig, fort expert dans ces matières, m’aida à trouver de l’argent.
La pensée de devoir quitter ma retraite de Penzing s’était déjà présentée à mon esprit, mais où aller? L’envie de composer me reprenait-elle, toujours elle était étouffée par les soucis du moment. Cependant, comme ma situa-