‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 4 sur 376 · LOHENGRIN » A WEIMAR (28 AOÛT · texte numérisé non relu

LOHENGRIN » A WEIMAR (28 AOÛT

d’un goût si vif pour les petits gâteaux des pâtissiers, que j’eus peur de le voir s’abîmer l’estomac par les friandises dont il abusait. Mes observations là-dessus parurent le mettre de fort mauvaise humeur. Dès lors, il ne resta presque plus à la maison ; je supposai que sa chambre trop étroite lui déplaisait et ne fis aucun effort pour l'empêcher de chercher à se loger ailleurs.

Son état de mécontentement devenant permanent, je fus heureux de lui donner l’occasion d interrompre un séjour qui, de toute évidence, n’était plus de son gré , à la fin d'août je le décidai à se rendre à Weimar où devait avoir lieu la première représentation de Lohengrin. De mon côté, j’invitai Minna à m’accompagner dans une excursion au Righi. Nous en fîmes alertement 1 ascension à pied ; malheureusement la fatigue provoqua chez ma femme les premiers symptômes de la maladie de cœur dont elle devait souffrir de plus en plus. Le 28 août, jour de la première de Lohengrin, nous passâmes la soirée à l'hôtel du « Cygne » à Lucerne, suivant en esprit, heure par heure, le cours de la représentation. Mais le même sentiment de chagrin et de déception m’envahissait chaque fois que j’essayais de faire partager une de mes émotions à ma femme.

Les rapports que je reçus de cette représentation de Weimar n’étaient d’ailleurs pas propres à me rassurer sur le sort de mon œuvre. Cari Ritter, qui revint bientôt à Zurich, me parla de défauts de mise en scène et d’un fort médiocre chanteur qui tenait le rôle principal ; 1 ensemble, cependant, avait fait bonne impression. Des nouvelles plus satisfaisantes m’arrivèrent de Liszt lui-même. Il

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