‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 52 sur 376 · UN THÉÂTRE A ZURICH · texte numérisé non relu

UN THÉÂTRE A ZURICH

tiques. Se basant sur des observations toutes superficielles, on se figurait généralement qu'on pourrait m’amener à m’occuper du théâtre de Zurich. Je méditai donc de quelle façon, en tenant compte des conditions scéniques insuffisantes de la ville, mais en m’appuyant sur des principes raisonnables, il serait possible d'y réaliser un bon développement de l’art théâtral. Je couchai par écrit mes idées à ce sujet dans une dissertation ayant pour titre : Un théâtre à Zurich , et je la fis imprimer, permettant ainsi à chacun d’en prendre connaissance. L’édition d’une centaine d’exemplaires fut vendue sans qu’un résultat quelconque se fît remarquer.

Plus tard seulement, à l’occasion d’un banquet de la Société de musique, j’appris que de divers côtés on trouvait mes idées fort belles, mais irréalisables. Le vénérable Ott-Imhof déclara ne pas être de cet avis; seulement, d’après lui, il manquait dans mes propositions la seule chose qui eût pu les rendre acceptables, c’était mon consentement à me charger moi-même de la direction de ce théâtre : nul autre que moi ne saurait mettre mes idées en pratique. Ayant dû répondre que je ne songeais nullement à une telle éventualité, l’affaire fut classée et, en mon for intérieur, je ne pouvais donner tort à ces messieurs. L’intérêt que j’inspirais aux Zurichois allait croissant. Mais comme je ne pouvais répondre au souhait de mes amis, désireux de voir au théâtre une de mes œuvres principales, j’offris finalement de choisir dans mes opéras quelques morceaux caractéristiques qui seraient joués sous ma direction, à condition toutefois qu’on me procurât les musiciens nécessaires à la réussite

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