‹ Machines à vapeur et machines thermiques diversesChapitre 65 sur 86 · PROGRAMME ET CAHIER DES CHARGES · texte numérisé non relu

PROGRAMME ET CAHIER DES CHARGES

Article premier. — Objet du conconrB. — Le présent programme et cahier des charges a pour objet la construction et rinst.illation des moteurs et des pompes à établir à l'usine élcvatoire d'ivry pour élever 600 Htres par seconde, soit sur le réservoir de Villejuif, soit sur celui de Charonne.

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Art. 2. — Haateur du refoulement. — La hkalcur ascension* nelle réelle totale pourra varier entre 55 mètres et 63"',20, suivant Tétat du fleuve ; le plan d'eau dans Le puisard d'aspiration pouvant descendre au plus bas étiage à La pote 25'",80 au-dessus du niveau de la mer, et s'élever exceptionnellement en temps de grande crue à la cote 34 mètres, et l'altitude d'arrivée au réservoir étant fixée à la cote 89 mètres.

L'élévation msinométrique calculée en tenant compte de la perte de charge résultant du passage de Teau dans Les conduites ascensionnelles pestera inférieure à 70 mètres.

Art. 3. — Dispositions générales. — Les nouveaux moteurs et Leurs pompes seront installés dans un bâtiment à construire en prolongement de la salle des machines existante. Le plan annexé au présent programme indique l'étendue que devra occuper le bâtiment' des machines à construire. La disposition d'ensemble qui y est figurée n'a d'autre valeur que celle d*'un simple renseignement et n'a rien d'obligatoire ni pour l'Administration, ni pour Les concurrents.

Mais il est dès à présent arrêté que Le sol de la salle des machines sera établi au même niveau que celui de la salle existante, c'est-à-dire à La cote 35'",70.

Art. 4. — Consistance de l'entreprise. — L'entreprise comprend la fourniture, le transport et La pose des moteurs et du système élévatoire depuis la tubulure de prise de vapeur sur les chaudières et la prise d'eau dans le puisard jusqu'à la tubulure de raccordement avec la conduite de refoulement à La sortie du réservoir d'air.

Elle comporte la fourniture de tous les appareils accessoires, de ceux de contrôle et de sûreté, tels que manomètres de pression et de vide, niveaux d'eau et d'air, compteurs de coups de piston, etc., et, en général, de tous les accessoires et organes nécessaires au bon fonctionnement des moteurs et des pompes, ou réclamés par une installation soignée, de telle sorte qu'il n'y ait à pourvoir à aucune omission.

Le cylindre à vapeur de chaque machine, ainsi que les pompes, seront disposés da manière à se prêter couramment à des relevés de diagrammes, et un indicateur de Watt sera fourni par le constructeur.

Enfin il sera tenu de fournir Les clefs, tarauds et filières pour tous les diamètres employés qui devront présenter le pas en usage au service municipal de Paris.

Art. 5. — Disposition des moteurs et pompes. — L'installation comprendra trois machines élévatoires, entièrement distinctes et pouvant fonctionner chacune isolément.

Les pièces correspondantes des moteurs et des pompes devront être absolument semblables entre elles afin de faciliter les rechanges.

Toutes les parties des moteurs et des pompes devront être aisément accessibles, de sorte qu'en tout temps la visite, le nettoyage, le graissage et le démontage des pièces, ainsi que les réparations puissent se faire sans difficulté.

Les pompes, volants et condenseurs devront être mis conséquemment à Tabri des crues.

La vitesse moyenne des pistons des .pompes élévatoires devra être modérée et ne pouvoir atteindre 1"',20 par seconde que dans le cas de pistons plongeurs à extrémités effilées fonctionn^mt dans des corps de pompe de forme renflée, dans lesquels la vitesse de Teau ne devra pas dépasser 0",60 par seconde.

Le mouvement des clapets devra être rendu apparent.

Le régulateur de chaque machine devra être disposé pour que lo produit de ses pompes puisse varier de 150 à 200 litres par seconde.

11 est bien entendu que chaque concurrent aura la faculté de présenter plusieurs combinaisons.

Akt. 6. — Maximum de consommation à garantir. — Les concurrents devront garantir un maximum de consommation de vapeur par heure et par force de cheval de 15 kiiogrammétres mesurés en eau élevée. •

Ce maximum ne devra pas dépasser 9''«,500 en marche normale, les chaudières étant timbrées k 6 kilogrammes.

La constatation des résultats obtenus sera faite conformément aux stipulations de Tarticte 19 ci-après.

Aht. 7. — Délais d'exécution. — Le constructeur sera tenu, à moins d'ordre contraire, fle commencer le montage dix mois après la notification de l'arrêté préfectoral rendant définitive l'approbation du marché.

A partir du commencement du montage, il aura un nouveau délai de six mois pour mettre les moteurs et les pompes en bon état de fonctionnement.

Art. 8. — Plans et devis à fournir. — Les concurrents devront déposer, en même temps que leurs soumissions :

1* Les plans, coupes et élévations des appareils et les dessins' détaillés de la distribution de vapeur, des pistons et des clapets ; ces dessins seront soigneusement cotés et suffisants pour permettre une appréciation exacte du système proposé ;

2* Un devis estimatif indiquant le poids approximatif des diverses pièces, les calculs de consommation et de résistance, les

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pressions maxiina que supporteront les principales pièces Trottantes ;

3"" Un mémoire explicatif décrivant et justifiant les dispositions et les dimensions proposées, et particulièrement Texplication du réglage de la détente par le régulateur dans les diverses charges.

Les dessins devront être accompagnés de Tétude complète des massifs de fondation et des bâtiments, quoique ces travaux ne fassent pas partie de Tentreprise.

Art. 9. — Certificats de capacité. — Quinze jours au moins avant celui qui sera fixé par le Préfet de la Seine pour le dépôt des soumissions, les constructeurs-mécaniciens qui voudront concourir devront déposer entre les mains de Tingénieur chargé de la direction des eaux, n" 4, avenue Victoria, à Paris, les certificats de capacité constatant, suivant Tusage, les travaux du même genre qu'ils ont précédemment exécutés, la manière dont ils ont rempli leurs engagements et les conditions dans lesquelles se sont effectués les règlements de comptes.

Ces certiûcats, visés pour communication par le directeur des eaux, seront soumis à la Commission spéciale chargée, par arrêté préfectoral, de Texamen des propositions présentées par les concurrents.

Art. 10. — Dépôt des soumissions. — Le jour fixé par le Préfet de la Seine, chacun des concurrents déposera sur le bureau de la Commission spéciale :

1" Un premier pli cacheté renfermant un acte par lequel le soumissionnaire s'engagera à verser à la Caisse municipale, dans les trois jours qui suivront la décision favorable de l'Administration, une somme de vingt-cinq mille francs (25.000 francs) à titre de cautionnement, et, en outre, une soumission conforme au modèle de Taffiche et qui portera le prix h forfait auquel le soumissionnaire s engage à faire la fourniture, le transport et la pose des machines, ainsi que le maximum de la consommation de yapeur qu'il entend garantir, comme il a été dit à l'article 6; ^

2** Un second pli cacheté contenant le détail des projets, dessins, devis et mémoires, dont il a été parlé à l'article 8.

La Commission arrêtera séance tenante et fera connaître aux soumissionnaires la liste des concurrents qui, ayant fourni des certificats de capacité jugés suffisants, et satisfait aux conditions précédemment énumérées, seront définitivement appelés à prendre part au concours.

Aht. 11. — Désignation de Tadjadicataire. — La Commission examinera ensuite les divers projets et, dans le délai de six semaines, elle les transmettra avec ses propositions au Préfet de la Seine, qui désignera l'adjudicataire.

L'Administration ayant à mettre en balance le maximum de consommation garanti, les dépenses d'établissement, tant pour les machines que pour les bâtiments, les avantages des divers projets au point de vue de rentretien,etc., ne sera liée dans son choix ni par les conditions de prix, ni par aucune autre circonstance ; les concurrents évincés ne pourront exercer aucun recours contre sa décision, ni réclamer aucune indemnité, à quelque titre que ce soit.

Dans les trois jours qui suivront la notification de la décision prise par r Administration, et conformément à rengagement qu'il aura pris, Tentrepreneur déposera à la Caisse municipale son cautionnement qui sera fourni en rentes sur TÉtat ou en obligations de la ville de PÀris, ou en titres au porteur au cours moyen de la veille du jour du dépôt. L'entrepreneur en touchera les arrérages. Il acquittera au même moment les frais d'impression des cahiers des charges, programme et plans, ceux d'affiches et d'expédition, et les droits de timbre, d'enregistrement et autres auxquels le marché pourrait donner lieu.

Les pièces produites par les autres soumissionnaires leur seront immédiatement restituées, ainsi que leurs projets, devis et mémoires.

Art. 12. — Atlas des dessins d'exécution. — Dans le délai de deux mois après l'approbation de la soumission, le constructeur devra fournir en triple expédition l'atlas complet des dessins d'ensemble et de détail de toutes les parties des machines, des pompes et de la tuyauterie, sous peine par chaque jour de retard d'une retenue de 10 francs qui sera opérée sur le premier paiement.

Après l'achèvement des travaux, ces atlas seront rectifiés, s'il y a lieu, ou remplacés par d'autres, de façon que l'Administration reste nantie d'une triple statistique rigoureusement exacte des machines qui font l'objet de l'entreprise. Tous ces dessins devront être exécutés aune échelle décimale suffisante et cotes avec soin, de manière que la construction des massifs et autres ouvrages, ainsi que le remplacement des diverses pièces des machines puissent s'effectuer sans indécision ni recherche.

Ils devront, par leur format régulier, se prêter à un groupement en atlas.

Art. 13. — Modifications an projet. — Le constructeur ne pourra apporter en cours d'exécution aucune modification aux dispositions du projet accepté, à la forme et au poids des principales pièces, à la nature des matériaux employés, etc., etc., sans en' informer les ingénieurs et sans en avoir obtenu l'autorisation écrite.

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Cette autorisation laissera d^ailleurs intacte sa responsabilité au point de vue du bon fonctionnement et du rendement des machines.

Art. 14. — Ezécation des trayanx. — Tous' les ouvrages seront loyalement exécutés dans toutes leurs parties et composés de matériaux de la meilleure qualité.

•L'entrée des usines ou des ateliers où les diverses parties des machines seront travaillées et ajustées, sera toujours accordée aux ingénieurs de la ville ou à leurs délégués qui pourront y faire, aux frais du constructeur, les épreuves d*usage pour s'assurer de la qualité et de la résistance des matériaux employés.

Tous les appareils accessoires seront des meilleurs types ; ils devront d'ailleurs l'tre soumis à l'acceptation des ingénieurs.

Art. 15. — Retenae en cas de retard. — Dans le cas où le constructeur viendrait à dépasser les d^'lais qui lui sont accordés par l'article 7 du présent cahier des charges, il lui sera fait une retenue de cinquante francs (50 francs) par jour de retard, sans qu'il soit besoin d'une mise en demeure préalable.

Art. 16. — Réception proTÛoire. — Lorsque le constructeur aura déclaré que les machines sont en bon état de marche, il sera fait une première série d'essais sous la direction des ingénieurs, pour reconnaître si le système est en état de fonctionner convenablement.

Dès qu*à la suite de ces essais les machines auront pu fournir quinze jours consécutifs de marche normale, il sera procédé par les ingénieurs à la réception provisoire. •

Le constructeur supportera tous les frais de ces premiers essais, tels que personnel des mécaniciens et autres ouvriers, , huile, graisse, chiffons, éclairage, etc., etc., sauf la production de la vapeur qui sera fournie par l'Administration.

Art. 17. — Délai de garantie. — Le délai de garantie sera de deux ans après la réception provisoire.

Pendant le délai de garantie, le constructeur restera complètement responsable du bon fonctionnement de ses appareils et devra remplacer à ses frais toute pièce qui viendrait à manquer, soit par vice de construction ou de pose, soit par mauvaise qualité de la matière', soit par insuffisance dans les dimensions.

Les réparations devront toujours être faites de manière à n*appor-

ter aucune gène dans la régularité du service.

* Toute avarie survenue aux appareils pendant le délai de garantie

sera réparée d'office aux frais du constructeur, si celui-ci néglige

de faire sans délai les réparations nécessaires et après qu'un pro-

cès-verbdl circonstancié de l'avarie aura été dressé et lui aura été notifié.

Art. 18. — Constatation de la consommation moyenne de Tapeur. — A dater de la réception provisoire et pendant le délai de garantie, la marche de chaque machine sera constatée par des bulletins quotidiens semblables à ceux, en usage dans le service des machines élévatoire^. Ces bulletins porteront l'indication du poids de charbon consommé par cheval en eau élevée et par heure et serviront à calculer le poids moyen de vapeur d'eau consommée.

Toutefois les résultats ainsi obtenus ne seront considérés que comme des indications et seront contrôlés par des expériences contradictoires de marche et de consommation de vapeur, qui seront faites pendant la durée du délai de garantie, à des époques indéterminées.

Ces expériences, qui seront ^u moins au nombre de trois et auront chacune une durée minima de dix heures consécutives, serviront à déterminer la consommation de vapeur par force de cheval et par heure en eau élevée.

La moyenne de la consommation de vapeur ainsi obtenue sera considérée comme consommation normale et servira de base pour Tapplication des pénalités, s'il y a lieu.

Pendant toute la durée du délai de garantie, le constructeur ou son délégué sera constamment admis dans toutes les parties de l'usine.

Art. 19. — Pénalités. — Au cas où la consommation moyenne de vapeur en marche normale par force de cheval et par heure mesurée en eau élevée, dépasserait le chiiTre maximum auquel Tentrepreneur aura consenti, il sera fait sur le prix de la fourniture une retenue de six francs (6 francs) par cheval et par hectogramme de vapeur dépensés en sus du maximum soumissionné, et ce, pour les dix premiers hectogrammes.

Si la consommation moyenne dépassait de plus de 1 kilogramme le maximum soumissionné, il serait fait par herto^raiume, en sus des dix premiers, une retenue de douze francs (12 francs) par cheval.

Enfin, si la consommation moyenne était supérieure à 9^*,''»00, les machines pourraient être refusées. Le constructeur serait alors tenu de les enlever dans le délai qui lui serait fixé, et il devrait restituer tous les acomptes qu'il aurait re(;us. Son cautionnement serait alors acquis à la ville.

Aht. 20. — Mode de paiement. — 11 sera délivré au constructeur au fur et à mesure de l'avancement des travaux, des acomptes sur le prix qu'il aura consenti. Avant le commencement de la pose

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ces acomptes ne pourront pas dépasser les trois dixièmes du prix total (3/10), et ils devront être justifiés par des états de situation dressés contradictoirement et qui constitueront d'ores et déjà pour la ville un droit de propriété.

Ils atteindront au plus les six dixièmes (6/10) aveint les premiers essais de mise en marche.

11 sera délivré un acompte de deux dixièmes (2/10) à la réception provisoire et les deux derniers dixièmes (2/10) seront payés, s'il y a lieu, à Texpiration du délai de garantie.

Art. 21. -- Application de pénalités. — Dans le cas où, par suite de Tapplication des clauses de l'article 19, la ville aurait à exercer un recours contre l'adjudicataire, les quatre dixièmes (4/10) du prix et le cautionnement lui resteraient acquis jusqu'à concurrence des sommes dont ledit adjudicataire serait débiteur d*après le décompte qui serait établi par les ingénieurs, sans préjudice des poursuites qu'elle pourra exercer contre lui.

La ville aura le droit, afin de se couvrir, de faire vendre, après l'accomplissement des formalités voulues en pareil cas, les titres de rente ou obligations déposés en cautionnement.

Art. 22. — Élection de domicile. — L'adjudicataire sera tenu d'élire domicile à Paris et d'avoir à ce domicile un représentant agréé par l'Administration auquel toutes communications et notifications seront valablement faites.

Art. 23. — Retenue de 1 0/0 ponr les asiles. — Une retenue de 1 0/0 sera faite à l'adjudicataire sur le montant total des travaux, en exécution du décret du 8 mars 1855, relatif à l'établissement et à la dotation des asiles de Vincennes et du Vésinet.

Art. 24. — Clauses et conditions générales. — En tout ce à quoi il n'est pas formellement dérogé par le présent programme et cahier des charges, l'adjudicataire sera soumis aux clauses et conditions :

1* Du cahier des charges imposées aux entrepreneurs des ponts et chaussées par arrêté ministériel du 10 février 189?. ;

2' Du cahier des charges imposées aux entrepreneurs du service municipal par arrêté préfectoral en date du 4 août 1879.

Le présent programme et cahier des charges dressé par l'Inspecteur des Machines, soussigné

Signé :

Vu et adopté par le Directeur des Eaux,

Signé :

Choix de l'adjudicataire. — En matière de machines, on ne déclare pas toujours adjudicataire ]e constructeur qui offre le plus bas prix, comme cela se fait en matière de terrassements ou de maçonnerie. On considère les garanties que présentent les concurrents sur la qualité de leurs produits antérieurs, l'élégance ou la simplicité de leurs projets, la robustesse de leurs pièces, la composition de leurs mécanismes, les précautions prises pour assurer le bon fonctionnement, la surveillance, l'entretien et le remplacement des organes, le minimum de consommation qu'ils garantissent, les frais de graissage et de surveillance, etc. Et Ton déclare adjudicataire celui qui réunit le mieux toutes ces conditions.

' Prix des machines. — Le prix de revient d'une machine se compose de la valeur des matériaux employés et de la main-d'œuvre nécessaire à sa fabrication.

Pour des machines de môme puissance, la valeur des matériaux diffère peu; mais la main-d'œuvre varie en raison de la complication des mécanismes, c'est-à-dire suivant que les machines sont à un ou plusieurs cylindres, à condensation ou non, avec ou sans changement de marche, etc.

Pour des machines de puissances différentes, le prix de la matière première n'est pas proportionnel à la force, quoiqu'il augmente sensiblement en même temps qu'elle, en raison de l'accroissement de matière nécessaire pour résister à l'augmentation des efforts. Mais la main-d'œuvre augmente dans de bien moins grandes proportions. Par conséquent le prix des machines n'est pas tout à fait proportionnel à leur puissance.

Le tableau de la page 581 indique les prix moyens par cheval pour certaines puissances et pour certains types de machines, établis par M. P. Sauvage, ingénieur des Mines.

§ 2. — Installation des machines

L'installation d'une machine comprend :

i^ La construction de ses massifs de fondations;

2« La pose et l'assemblage des pièces mécaniques.

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Gonstmction des massifs. — .Les massifs de machines, devant résister surtout par leur poids aux efforts statiques et dynamiques des machines, doivent constituer des ouvrages monolithes. Ils se font en maçonnerie de pierre de taille, de moellon, de meulière ou simplement en béton. Ils doivent reposer eux-mêmes soit sur un bon sol vierge, soit sur la roche.

Dans le cas d'emploi de pierre de taille, les massifs peuvent être, suivant leur importance, d'un seul ou de plusieurs morceaux hourdés en chaux hydraulique ou ciment et assemblés les uns aux autres par des crampons en fer.

Si l'on emploie des moellons, il est préférable de ne pas constituer des assises régulières, sauf sur les parements, afln de ne pas provoquer des plans de rupture et de les hourder en ciment plutôt qu'en chaux hydraulique pour que les joints puissent résister davantage aux efforts de traction.

Avec la meulière, dontles aspérités forment avec le mortier dos liaisons sûres, on constitue des massifs monolithes. Le blocage doit être fait en têtes de chats, c'est-à-dire en plaçant les pierres debout et non à plat, aftn de ne créer nulle part des plans de rupture. Le mortier de ciment de Portland, doué d'une grande résistance à l'arrachement, est préférable à tout autre pour le hourdis des meulières.

Pour des machines peu importantes, on fait des massifs économiques en béton de chaux hydraulique ou de ciment. Dans des caisses en bois, installées à l'emplacement des massifs, on coule le béton et, après dessiccation complète, on obtient des massifs monolithes, moins résistants que ceux en meulière, mais suffisants quand les machines ne causent pas d'importantes vibrations, comme les machines rotatives, par exemple.

Dans les massifs il faut percer après coup, ou ménager pendant leurexécution, des trous pour le passage des boulons de fondation. Ce percement après coup est indispensable quand on emploie des pierres de taille, ou bien il peut être pratiqué dans les autres maçonneries quand les boulons ont peu de longueur (0™,40 à 0~,50) ; mais, quand cette dimension dépasse 0",riO, il est préférable de ménager le trou en construisant le massif. A cet effet, on dispose, à l'emplacement des

trous, des tuyaux en zinc d'un diamètre supérieur de 40 à 50 millimèti^esà celui delà tige du boulon, et Ton maronne autour. I.es tuyaux en zinc sont implantés très exactement après avoir fait un tracé exact sur un plancher en bois installé au niveau supérieur du massif. Les tuyaux sont introduits dans des trous du plancher, placés verticalement au moyen du fil à plomb ; leur base est scellée au plûtre et leur tête maintenue par le plancher, de sorte que les maçons ne puissent les déplacer. Quand arrive le moment où le plancher gêne les ouvriers, on l'enlève après avoir entretoisé solidement toutes les têtes de tuyaux au moyen de barrettes en bois. Il est bien évident que la tête des tuyaux doit être placée le plus exactement possible, aftn que Torifice supérieur corresponde avec celui de la machine.

Quand les boulons n'ont que 1 à 2 mètres de longueur, il suffit d'implanter exactement leur pied et de les sceller au plâtre après les avoir plombés au fil à plomb.

Lesmassifs étant terminés, on vérifie si les trous sont bien exacts.

Pose et assemblage des pièces de machines. — Pour la mise en place, on emploie des lignes (Vaxe, le niveau, le compas j la règle et ïéquerre et des pigeas.

On figure dans l'espace l'axe du cylindre et celui de l'arbre à l'aide de fils de laiton, d'acier ou de soie, attachés à une extrémité et tendus à l'autre au moyen de poids connus, afin de pouvoir calculer la flèche qu'ils ont en un point quelconque de leur longueur, lorsque celle-ci doit atteindre 8 à iO mètres.

On peut encore figurer cet axe au moyen de poteaux espacés de 1 à 2 mètres les uns des autres et munis de disques percés d'un trou de 1 à 2 millimètres de diamètre. En iijarant un disque à chacune des extrémilns de la ligne, on vise par l'un une lumière placée derrière Taulre et l'on place les mires intermédiaires de façon à voir la lujnière par tous leurs orifices. Ceux-ci fournissent une série de points très exacts entre lesquels on peut tendre des fils dont la fièche est négligeable.

La perpendicularité des axes est vérifiée au moyen

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d'équerres en acier très exactes et suffisamment longues, et leur parallélisme au moyen de piges dont la longueur égale leur distance.

Les axes étant tracés, on amène ceux des pièces en coïncidence avec eux par tâtonnements au moyen d'un compas ou d'une pige en l(Me, découpée en secteur circulaire, que Ton promène autour 'de Taxe. C'est ainsi qu'on place le cylindre et les paliers de l'arbre.

Lorsque des trépidations font osciller des lignes d'axe verticales, tracées par des fils tendus librement par un fil à plomb, on évite les oscillations en plongeant l'extrémité du plomb dans un petit récipient d'huile, dont la viscosité les annihile.

Pour vérifier si des mouvements du sol ou de la maçonnerie ne font pas gauchir les machines, les constructeui-s placent aux bâtis des repères contre lesquels on peut appliquer la règle et le fil à plomb.

Pendant le montage, il est bon d'examiner alteutivement les pièces, de rechercher leurs défauts apparents et de vérifier si leurs dimensions sont bien conformes à celles des dessins fournis. En même temps on mesure exactement la longueur el le diamètre des cylindres, des pompes à air, des pompes alimentaires, la course de leurs pistons et l'espace mort du cylindre à vapeur.

§3. — Réception des machines

La réception des machines se fait :

1" Par essais à froid;

2° Par examen à l'arrêt; i

3° Par examen en marche; \

4** Par essais à cliaud. j

Essais à froid. — Les essais à froid ne se font que dans les ateliers de construction, sur les pièces isolées, au moyen de l'eau et de la presse hydraulique.

Les organes qui reçoivent la vapeur à la pression de la

chaudière, comme les boites à tiroir, les cylindres à haute pression et leurs enveloppes, etc., sont essayés à une pression égale à la pression d'essai des chaudières. Ceux qui reçoivent de la vapeur détendue sont essayés à la pression normale des chaudières. Enfin le condenseur et la pompe à air ne sont essayés qu'à une pression de i^j^ à 2 kilogrammes par centimètre carré.

Il est bon d*essayer les conduits d'amenée de vapeur à . une pression supérieure de 45 kilogrammes à la pression de la vapeur.

Ces essais à froid étant assez coûteux et non obligatoires, les constructeurs les font rarement; ils se contentent d'examiner minutieusement les pièces et de vérifier leurs dimensions et de boucher les trous de soufflure au moyen de goujons; ce procédé peut se tolérer pour les machines de faible puissance, mais il est imprudent de s'en contenter pour les machines de plus de 100 chevaux.

Examen de la machine pendant l'arrêt. — Cet examen n'a pour but que de rechercher les défauts apparents des pièces, de vérifier les dimensions principales, d'examiner les inconvénients que peuvent présenter les formes ou les emplacements des organes, de rechercher si le graissage est suffisamment établi, etc. En un mot on cherche à se rendre compte si la machine est bien construite conformément aux plans fournis, ou, dans le cas où elle est achetée toute construite, si elle est en état de bon fonctionnement.

Examen de la machine en marche. — L'examen à l'arrêt est insuffisant pour se former une opinion sérieuse sur l'établissement de la machine, car il ne permet pas de reconnaître le degré d'usure des axes ou des coussinets. Pendant la marche, au contraire, cette reconnaissance est plus facile ; l'usure des , axes se manifeste par des chocs ou des déplacements relatifs des coussinets par rapport aux axes; les pièces dont le graissage est mal établi s'échauffent et se sentent à la main.

Essais à chaud. — Les essais à chaud consistent à reconnaître le fonctionnement de la vapeur dans le cylindre, à déterminer la puissance nominale et la puissance effective de

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la machine, sa consommation de vapeur et de charbon par cheval-heure.

Le fonctionnement de la vapeur se reconnaît au moyen d'un indicateur (Voir chap. iv) L'examen de la courbe du diagramme montre si la machine est bien réglée, c'est-à-dire si les déplacements relatifs du tiroir et du piston sont exacts.

La puissance nominale, ou indiquée, de la machine se détermine à Taide du diagramme, comme cela est indiqué page 76. Pendant plusieurs heures, quelquefois une journée entière, on relève des diagrammes à raison de un par quart d'heure et, à chaque relevé, on note le nombre de tours par minute, ainsi que la pression de la vapeur aux chaudières et au cylindre.

La puissance effective, ou disponible sur Tarbre, se mesure au frein de Prony (p. 80), ou directement lorsque le travail utile est facilement mesurable, comme dans les machines élévatoires ou les moteurs électriques.

On obtient la quantité de vapeur consommée par chevalheure en mesurant la quantité d'eau vaporisée par les chaudières pendant la durée de l'essai. 11 faut évidemment qu'il n'y ait aux chaudières et aux conduites aucune fuite de vapeur; par cons<''quent il ne faut pas que les soupapes de sûreté crachent pendant l'essai. En outre, il faut amener le niveau de l'eau au môme point à la fin et au commencement de l'essai.

Soient P le poids d'eau vaporisé ])endant n heures, et F la puissance utile moyenne en chevaux développée par seconde; le poids de vapeur consommé par cheval-heure sera:

Pour déterminer le poids de charbon brûlé par chevalheure, on pèse le charbon consommé pendant Tessai en prenant soin que l'état du feu soit le même à la fin qu'au commencement. Il faut que le feu soit très bien conduit afin d'assurer une combustion complète; quelquefois on repasse les escarbilles sur la grille. Si Q est le poids de charbon brûlé pendant n heures, la quantité brûlé/» par cheval-

heure sera :

Cette quantité dépend évidemment de la température de Teau d'alimentation; il faut donc la mesurer fréquemment pendant Tessai. Puis, dans le calcul de g, on augmente Q de façon à supposer l'eau prise à 0°. A cet effet, soient:

les températures de l'eau d'alimentation pour les poids :

Pij P'Iy PZi P4»

et T la température de l'eau à la pression de marche de la chaudière. La chaleur fournie par le combustible est:

t étant la température de l'eau d'alimentation.

Si l'eau avait été prise à 0°, cette quantité de chaleur aurait été:

Mo = 606,5P + 0,305T;

et le poids de combustible correspondant aurait été :

Par suite, le poids brûlé par cheval-heure est :

U Mo

On mesure aussi la quantité d'eau condensée dans les conduites de vapeur et dans les enveloj)pes de cylindre, ce qui peut fournir d'utiles indications sur h* degré d'isolement de ces organes et sur l'économie de charbon qu'on pourra réaliser par le retour de ces o:iu\ de purge dans les chaudières.

A l'aide d'un calorimètre ou d'un appareil Brocq (Voir

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Chaudières à vapeur, p. 404), on détermine aussi la quantité d*eau entraînée par la vapeur; on est ainsi renseigné sur le fonctionnement de la chaudière.

Enfin on pèse les cendres et Ton mesure la température et la composition des gaz qui s'échappent dans la cheminée, afin de se rendre compte de la façon dont la combustion a été opérée.

Toutes ces expériences sont enregistrées dans un tableau semblable à celui ci-contre, afin de condenser les résultats et d'éviter les erreurs.

NATURE DE» KXPÉRIEÎCOES

Date de Tessai. . , Durée de l'essai.

Nombre de tours par minute

Pression de la vapeur à son entrée

dans le cylindre

. HP Pression moyenne aux \ j^JJ,

cylindres : ) BP . .' * [ ] ]

2 I Puissance indiquée en ^ HP. .

^ chevaux de chacun j MP..

des cylindres : f BP..

Puissance totale en chevaux.

eo

te

Poids du frein, en kilogrammes.. Puissance effective en chevaux...

Rendement mécanique

Puissance absorbée par les frottements

Pression

Eau

moyenne effective, au manomètre, en kg

par cm^

atmosphérique

absolue aux chaudières.

/ par heure

\ par heure et par

consommée { cheval indiqué. .

en kilog. : J par heure et par

( cheval effectif. . .

de la vapeur

deTeau a alimentation dans

la bâche

de Teau d'alimentation à

l'entrée au réchauffeur.. .

de Teau d'alimentation à la

sortie du réchaufîeur

des gaz oerdus

. pariieure

Charbon \ par cheval-heure indi-

brûlé, en . que

kilog.: J par cheval-heure effec-

( tif

Poids d'eau vaporisée par kilog.

de charbon

^ ., , / par cheval-heure Poids de vapeur j ^ indiqué

"""""'"" par cheval-heure

RÉSOLTATS DBS ESSAIS

consume en kilog.

effectif

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