‹ Madagascar depuis sa découverte jusqu'à nos joursChapitre 155 sur 194 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

logues à celles des agents consulaires (1). Toutefois, les établissements francais de Diégo-Suarez, où ie gouvernement francais crée un port pour notre marine militaire et marchande, constituent un service distinct, placé sous l'autorité directe du ministre de la marine et des colonies, tandis que le résident général relève du ministre des affaires étrangères.

L'organisation des tribunaux consulaires, dans l'île, est réglée sur le modèle des dispositions en vigueur dans les Échelles du Levant, sauf quelques exceptions de détail. En matière civile et commerciale, la juridiction des tribunaux de la Résidence générale et des vice-résidences s’étend sur les Francais et les étransers non indigènes, de même que, par application de l’article 5 du traité du 17 décembre 1885, les Francais sont régis par la loi française, pour la répression des crimes et délits commis par eux à Madagascar. De plus, le Résident général, ainsi que les résidents et vice-résidents, sont investis du droit de haute police, conféré aux consuls de France, dans les Échelles du Levant.

Qu'il nous soit permis de faire observer à la direc- {ion des protectorats que le nombre des vice-résidences n'est pas assez élevé, et qu'il est du plus haul intérêt, pour la France, d'en installer sur les points les plus importants du littoral, particulièrement de la côte est(2). Pour que le traité puisse donner des résultats satisfaisants, nous avons besoin d’être représentés sérieusement, un peu partout, à Madagascar, par des agents qui exercent une action efficace sur la population et renseignent minutieusement le Résident général sur

(1) Décret du 11 mars 1886.

(2) Le gouvernement francais vient de décider l'installation d’un nouveau vice-résident à Tuléar (juin 1888). Ce qui ne por-

tera le nombre des résidences et des vice-résidences qu’à quatre seulement.

l'esprit des indigènes et les menées de nos antagonistes, les Anglais. À la dernière heure, nous apprenons que le Ministre des affaires étrangères a décidé que les agents du Comptoir d’escompte, chargés du contrôle des douanes, à Vatomandry, Fénérive et Vohémar, rempliront, en même Lemps, les fonctions de vice-résidents et d'agents des postes, sous le contrôle du résident de Tamatave.

Nous constatons avec étonnement que, seul, le commandant de Diégo-Suarez dispose d’une administration organisée. Quoique le gouvernement français n'ait pas encore déterminé très exactement le régime dont il désire doter cet établissement, le commandant désigné pour l'administrer, M. Froger, a pris possession de son poste. À ce propos, n'est-il pas singulier que, sur ce même territoire de Madagascar, Diégo-Suarez soit du ressort du ministère de la marine, et que tout le reste de l'ile dépende du ministère des affaires étrangères? Il y a là une anomalie qui indique suffisamment la nécessité de créer un ministère spécial des colonies.

Les dépenses occasionnées par la Résidence générale, les résidences et les vice-réssdences s'élèvent, pour l’année courante (1888), à 349,000 francs ; celles qui concernent Diégo-Suarez, pour les frais d'occupation et d'administration, à 931,668 francs.

En exécution du traité du 17 décembre 1885, le corps d'occupation, à Madagascar, est réduit de 6 à 4 compagnies du 2° régiment d'infanterie de marine. Chacune de ces compagnies sera ramenée à l'effectif de 4 officiers et de 146 hommes, sous le commandement d’un lieutenant-colonel; elles tiendront garnison à Diégo- Suarez. |

En dehors des troupes francaises, M. Froger, commandant particulier de Diégo Suarez, a organisé des

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