DES COURANTS MARINS
Il y en a deux, bien tranchés. Celui de l'Est et celui du canal de Mozambique. J'ai déjà mentionné
le premier en traitant de la côte orientale. On voudra bien se rappeler son influence sur la formation des rivages , des barres qui marquent l'embouchure des divers cours d'eau, et des lagunes qui s'étendent sur un si long espace de cette côte. Comme direction générale, il vient battre à peu près perpendiculairement contre le centre de l'île , vers Tamatave et les environs, pour se partager en deux branches se dirigeant l'une vers le Nord et le cap d'Ambre, l'autre vers le Sud et Fort-Dauphin; cette dernière devant se continuer le long de la côte Sud dans la direction du cap Sainte - Marie. Le contre-courant de l'Ouest , c'est-à-dire le courant tiède de la côte orientale d'Afrique, se dirige au Sud-Ouest, sous le nom de courant de Mozambique, entre Madagascar et le continent africain, rase le bord sousmarin du grand banc des x\iguilles, et s'épanche dans l'Océan antarctique , après avoir mêlé une partie de ses lames au remous de l'Atlantique méridional.
A l'endroit où il est le plus rétréci, c'est-à-dire vers le cap Saint-André, le courant de Mozambique est presque aussi rapide que le Gulf-Stream et se déplace avec une vitesse de 7 kilomètres à l'heure.
Ces deux courants se rejoignent donc aux extrémités mêmes du grand axe de l'île, au cap d'Ambre et au-delà du cap Sainte-Marie, et c'est là, évidemment, la cause du mouvement continuel de l'Océan dans ces deux parages.