SCENE VIII
MARIE, puis MORNANG.
MARIE, sur le canapé.
Allons! Encore une qui aime et qui est heureuse! Il n'y a que moL qui reste seule à souffrir.
MORNANG, entrant.
Je VOUS cherchais, madame... pour vous faire mes adieux.
MARIE
Vous partez déjà? Quelle heure est-il donc?
MORNANG, tristement.
L'heure de la séparation.
MARIE
Une séparation de courte durée. Si vous ne venez pas demain, vous pouvez venir après-demain, à mon jour.
MORNANG.
Après-demain je serai à Marseille, et sur le point de m'embarquer pour l'Algérie.
MARTE, étonnée.
Tiens ! Gomme cela ! Tout à coup. Un voyage d'agrément?
MORNANG.
Non, un exil. J'ai promis à votre mari de m'éloigner.
MARIE
Je ne comprends pas.
MORNANG.
C'est très simple. Tout à l'heure, M. de Lançay est venu me trouver dans la serre, et me prenant à part, il m'a demandé, comme un service personnel, de cesser mes visites.
MARIE
Vraiment I et que lui avez-vous répondu à M. de Lançay?
MORNANG.
La seule chose que je pouvais lui répondre : que pour rien au monde je ne voudrais, à cause de moi, que la calomnie vînt seulement vous effleurer, et que j'allais immédiatement vous faire mes adieux.
MARIE
Partir ! Mais pourquoi partir?