ACTE II, SCENE II
GABRIELLE, sautani de joie.
Ah! Tu consens! tu consens! Ah! ma chérie, que je l'aime!
MARTUE
Oui... je consens... si tu l'exiges. Mais prends garde!... c'est si grave... si grave ! ce que tu veux faire là!
GABRIELLE
Puisqu'il le faut!... Puisque je ne peux plus vivre ainsi! Mais j'ai confiance, vois-lu! Oui, j'ai le pressentiment que dans un mot, un regard, un soupir, que sais-je? nous découvrirons le signe révélateur attendu, comme un échantillon de cette àme, dont peut-être la qualité est plus belle encore que nous ne pouvons supposer. [Un temps.) Et puis, tu as la main heureuse, toi... Oui, c'est un fait. Tu te rappelles ? Il suffisait autrefois que tu fusses intéressée dans une partie pour qu'on la gagnât... Te voici de retour ; c'est ma chance qui revient, j'en ai l'intuition !
WARTHE
Dieu t'entende!
GABRIELLE
Ah! crois-tu?... Quel soulagement!.. Ètro déchargée dun piareil poids! Celait lourd! lourd! C'est curieux! Déjà je me sens plus légère... [Gertrude entre avec le plateau à thé qu'elle va poser sur une petite table.)
GABRLELLE^ à Certitude. Attendez, avant de servir, que Monsieur soit rentré.
GERTRiDE, à Gorbrielle.
Le voici qui vient, Madame. J'ai entendu l'ascenseur monter. [Elle sort.)
GABRiELLEj à Marthe^ avec émotion.
Et quand lui parleras-tu?... Tout de suite?
MARTHE
Tu veux?
GABRIELLE
Oui... Je nai que trop attendu... Ou ne rien faire... ou faire vite.
MARTHE
Soit.
GABRIELLE, anxieuse, après un temps.
Mais... tu as confiance, n'est-ce pas?
MARTHE
Je l'avoue... Oui, j'espère un peu. La raison qui te fait agir est si noble après tout.
GABRIELLE
Ah! si Ton pouvait m'endormir comme pour une opération douloureuse et me réveiller seulement quand tout serait fini, bien fini!
MARTHE
Ma pauvre chérie!
Alors... je n'ai rien à faire... qu'à écouter?
MARTHE
Et à conclure.