ACTE H, SGKXE III
MARTHE, se levant.
Ah? Vous croyez?
Oui ; tout dépend de ce qu'on éprouve pour sa femme. Ainsi moi, autrefois, je serais parvenu, j'imagine, à me faire une raison et à recoller tant bien que mal mes petits morceaux de bonheur. Mais maintenant... (// s interrompt^ va planter un baiser sur les cheveux de Gabrielle et reprend, tout en lui entourpnt la taille de son bras.) Décidément, je l'aime trop aujourd'hui, cette enfant, voyez-vous! Et rien que la pensée... Non... ce serait au-dessus de mes forces ! [Gabrielle glisse à terre tout doucement.) Eh bien ! qu'est-ce que tu as? Mon bras ne se serait pas trouvé là justement, tu tombais!
GABRIELLE, elle est déjà redevenue maîtresse d'elle-même et se redresse.
Ce n'est rien... la fatigue peut-être... ou le sommeil...
ANTONIN
Parbleu! Il est une heure impossible, aussi! Cette Marthe qui nous retient avec toutes ses histoires à dormir débout ! — Allons ! viens nous reposer, ma chérie.
GABRIELLE, à Autonin.
Oui, tu as raison. Il est tard.
ANTONIN, serrant la .main de Marthe.
A demain, ma chère amie... {Souriant.) Et que cette nuit vous soit légère.
MARTHE, après avoir serré la main d'Antonin qui s'est déjà dirigé vers la porte, elle vient à Gabrielle.
Bonsoir, ma chérie. {Bas.) Êh bien? Qu'as-tu décidé?
GABRIELLE, même jeu.
De me taire toujours... toujours... Ah ! Marthe... C'est seulement maintenant qu'elle commence, l'expiation !
ANTONiN, de la porte, à Gabrielle»
Allons, viens, lambine !
Rideau.