MADAME DES C H AL U M E T T E S
Je suppose qu'elle a fait comme moi, qu'elle a bien dormi — mais nos chambres, vous le savez, sont éloignées l'une de l'autre. . . et s'il lui avait plu de passer la nuit dans le salon ou dans le jardin, ce n'est pas moi qui m'en serais aperçue,
HENRI, avec intention.
Dans le jardin?... je ne vois pas trop pourquoi dans le jardin... il y fait froid la nuit; tout est ouvert. (Agnès tousse avec éclat.) Vous toussez ?
Oui... un peu... Mais pourquoi cette émotion? Je tousse souvent, vous savez.
MADAME DES GHALUMETTES, bas, à Agnès.
Bien la toux.
HENRI
Mais il faut vous soigner, chère amie !
AGNÈS
Oh ! me soigner...
HENRI
Ce n'est pas le temps qui vous manque pour cela.
AGNÈS
Le temps... j'ai beaucoup à faire, mon ami, sans que ça paraisse.
HENRI, à part.
Oui, je m'en doute. (Haut.) Entin, il ne s'est rien passé de pariiculier?
AGNÈS
Mais rien... rien du tout... Que voulez-vous qui se soit passé?
GIIA.RLOTTE, arrivant et emmenant sa soeur. Agnès, voilà tes invités qui arrivent.
Elles sortent.
HENRI
Je ne saurai rien, elle est très forte.
SCÈXE VIII MADAME DES CHALUMETTES, HENRI.
HENRI, retenant madame des Ghalumettes qui allait accompagner ses filles.
Un mot, je vous prie.
MADAME DES GHALUMETTES, à part.
A mon tour.
HENRI
N'avez-vous rien remarqué d'insolite chez Agnès?
MADAME DES GHALUMETTES.
lUen...
HENRI
Vous avez bien dormi celte nuit?
MADAME DES GHALUMETTES.
Comme un fantassin après la revue du 14 Juillet.
HENRI
Alors vous ne pouvez pas savoir... si... Agnès...
MADAME DES GHALUMETTES.
Mais quoi? Agnès !... Quoi ?