‹ Madame AgnèsChapitre 48 sur 189 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

CHARLOTTE

Et le sérail ? Vous y êtes allé ?

PROSPER, étonné.

Au sérail !

CHARLOTTE

Oui... il parait que c'est très curieux...

PROSPER, riant.

Curieux, mademoiselle... Qui est-ce qui vous a dit ça?

CHARLOTTE

C'est à la pension, à Tours... quand j'étais petite. Une de mes amies m'a donné des renseignements. 1^ paraît qu'il y a là des femmes de toutes les couleurs, rangées sur des petits bancs, tout autour d'une grande salle... Le sultan se promène au milieu d'eUes, en fumant sa pipe, ou bien les mains derrière le dos, comme Napoléon... et de temps en temps, il leur jette son mouchoir. Celle qui a la chance de l'attraper...

PROSPER

Celle qui a la chance de l'attraper ?

CHARLOTTE

.*.. X une belle récompense. Je me demande ce que ça peut être, cette belle récompense ?

PROSPER, riant.

Je ne savais pas tout cela.

CHARLOTTE

Mais il n'est pas toujours là, le sultan... et quand il est obligé de s'absenter, il met à sa place un gardien... une sorte de capitaine instructeur.

PROSPER, à part.

Elle est délicieuse !

Et il le choisit très vieux, pour qu'il soit plus sérieux... et très laid... pour qu'aucune femme ne puisse tomber amoureuse de lui...

PROSPER, à part et regardant Charlotte d'un air

d'admiration.

C'est moi qui suis en train de tomber amoureux d'elle. (.Apercevant Bonlface qui entre.) Un gêneur! Voulez-vous me permettre de vous conduire au butfet?

CHARLOTTE

Volontiers, je meurs de soif.

PROSPER

Cette robe vous va divinement.

CHARLOTTE

Oh! vous savez, vous pouvez me faire des compliments... je les adore !

Ils s'en vont eu se donnant le bras.

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