ACTE TROISIEME
Charlotte. Jeté la donne... Veux-tn celle de sa mère?... Elle est libre pour la troisième fois... Je vais la deraaader pour toi... Ah! c'est que vraiment ils sont extraordinaires ceux qui croient au bonheur et à la vertu... et au sacrifice... et au devoir... et à tout ce qui est bien et à tout ce qui est beau... et je ne suis pa5 fâché qu'ils aient leur tour aussi... et qu'ils souffrent ce que je souffre... et qu'ils... (Avec émotion.) Ah! ne te marie pas, mon ami... va, ne te marie pas! PROSPER, doucement.
Pauvre ami!... (a part.) Il m'est pourtant impossible de lui dire que Charlotte m'a mis au courant de la comédie qu'on lui joue... (a Henri.) C'est curieux!... moi, je ne peux pas y croire, à ton malheur; je n'y crois pas.
HENRI, se remettant.
Ne parlons plus de moi... Alors tu l'aimes vraiment celle petite Charlotte?
PROSPER
J'en suis fou, mon cher. Et puis elle a des idées si neuves sur la Turquie et sur le sultan. Enfin... que veux-tu? je suis pris. Crois-tu qu'on me l'accorde?
HENRI
Des deux mains. D'abord tu es excellent parti, et puis la chère belle-mère ne demande qu'à caser ses filles. Je souhaite pour toi qu'elle ait mieux élevé celle du président que celle du général. Sois heureux, ami... sois heureux... Moi, maintenant je vais vivre seul. (Après un temps.) Allons!... Je ferai comme toi... je voyagerai... je visiterai l'Orient... Tu as bienfait d'y aller avant moi, tu me feras mon itinéraire et lu m'indiqueras les bons hôtels.