ACTE TROISIEME i
n'êtes pas responsable de la faute de votre fille!
MADAME DES GHALUMETTEs, se levant aussi.
Ah* prenez garde ! Vous m'insultez! Ah ! monsieur si le général vous entendait... lui... un modèle de loyauté.. . d'honneur... de bravoure !
HEXRI.
Je ne doute pas de lui... je suis officier de réserve... dans l'intendance... et suis né avec la vénération du drapeau. Mais vous ne lui racontiez pas tout... au général... Et la preuve... C'est que vous ne lui avez jamais parlé du président.
MADAME DES GKALUM"TTES.
Le président, monsieur... le président était le plus honnête homme du monde... Un jurisconsulte des plus consciencieux.
HENRI
Je ne l'accuse pas... Je suis licencié en droit... et je respecte la magistrature... Mais enfin... vous m'avouerez qu'il y a du louche dans tout cela. La fille du président qui ressemble au général, la fille du général qui ressemble au président... et aucune des deux qui ne ressemble à vous-même.
MADAME DES GHALUMETTES.
Ah! que je sois la mère de mes enfants! Ça, je vous défends bien d'en douter !
HEXRI.
Enfin, voyons, il s'agit de prendre une décision... Me refusez-vous la main de Charlotte pour Prosper?
Mais non, je ne vous la refuse pas... Je ne vous l'ai
jamais refusée, moi... est-ce que je vous ai refusé ma fille quand vous me l'avez demandée?...
HEXRT.
Moi ? Ah ! — Allons !... c'est entendu, mariage convenu... Vous allez faire deux heureux.
MADAME DES GHALUMETTES.
Vous n'avez pas autre chose à me dire ?... Agnès... ?
HENRI, se levant.
Bien obligé, (un temps.) Je vais vous remettre une lettre pour mon notaire qui vous restituera la dot de votre fi]le et les intérêts composés de cette dot depuisle jour de notre mariage, plus... trente-cinq francs que je lui dois du bézigue. Je ne veux pas garder un sou de cet argent. iMaintenant, une dernière grâce... dans votre intérêt... Emmenez Agnès dès demain... et n'insistez pas,., il arriverait un malheur.
Il sort.
MADAME DES GHALUMETTES, effarée, seule.
Un malheur?... Diable!... La farce a assez duré, alors... Ça m'a l'air de se gûter, je commence à croire que j'ai eu tort de me mêler de toute cette affaire. Le mieux, maintenant serait qu'Agnès avouât tout à son mari; je vais le lui dire.