ACTE TROISIEME
Ma défense ? Rien.
HENRI
Alors... Vous avouez toujours que vous aimez cet homme? Et vous vous refusez encore à me dire son nom?
AGNÈS
Je m'y refuse.
HENRI
Au moins, rendez-moi cette justice que je suis clément en me contentant d'une séparation à l'amiable.
AGNÈS
Vous agissez comme bon vous semble. Somme toute, cette décision que ^ous avez prise a un avantage. Elle évite tout scandale.
HENRI
Je ne l'ai prise que pour vous épargner un déshonneur universel.
AGNÈS
Ou pour vous préserver du ridicule. Vous savez... Quand la femme est coupable... aux yeux du monde... c'est surtout le mari qui pâtit... C'est comme quand le fils fait des dettes... c'est le père qui paie...
HENRI
Vous êtes très forte...
AGNÈS
Cela vous surprend?
Un peu... je vous croyais plutôt...
AGNÈS
Niaise?...
Naïve. . .
Seulement ?
HENRI
AGNES
HENRI
Je tiens à rester correct.
AGNÈS
Si vous m'aviez fait l'honneur de m'accorder un peu d'attention... vous auriez pu constater que je n'étais pas plus naïve que madame... que les autres femmes...
HENRI
Il fallait me le dire plus tôt...
AGNÈS
C'était à VOUS de vous en apercevoir. C'était votre rôle de mari... Vous nous prenez petites jeunes filles, ignorant tout de la vie... Notre éducation vous regarde. A vous de nous comprendre !
Vous jouez maintenant à la femme incomprise. L'amour aux charades... Mon premier...
AGNÈS
C'était mon tout. Son regard dans mes yeux... et il lisait au clair l'amour profond qu'il m'inspirait.
HENRI, se relevant.
Je ne vous soupçonnais pas tant de... vibrations... Oui, j'aurais peut-être pu, moi aussi... faire jaillir l'étincelle... Je n'y ai pas pensé du tout. Les regrets sont inutiles... mais certainement avant de savoir ce que je sais... j'avais beaucoup d'affection pour vous.