ACTE PREMIER
HENRT, aveii intention.
Peut-être, personne n'étant infaillible, ai-je pu à quelque moment lui causer du chagrin. Si cela est, qu'elle veuille bien alors être certaine de mon repentir et m'accorder mon pardon. Et en retour de ce pardon que je réclame de son indulgence, je lui promets de l'aimer plus encore s'il est possible et de n'avoir désormais qu'un seul but dans la vie : son bonheur.
MAD^\.ME LOrSEL.
C'est un bijou, cet homme-là! Demander son pardon sans savoir si l'on a été coupable. On n'en fait plus comme ça. (a. Marie.) Mais tu devrais le dévorer de baisers, ton mari ! Allons, embrasse-le pour sa gentillesse.
LOISEL, à Henri.
Embrassez-la! (a Marie.) Tu ne veux pas l'embrasser?
MARIE
Pourquoi donner tant de solennité à un acte si naturel? Il me semble que nous n'avons pas besoin d'un public pour ces expansions.
LOISEL
Enfin, là, je ne serais pas étonné qu'il y eût eu ce matin une petite bouderie entre ton mari et toi... Ou bien tu t'es levée du mauvais C(3té. Embrassezvous et que cela finisse !
MARIE
Si vous voulez.
Elle s'approche d'Henri et lui tend son front. Henri l'embrasse et lui tend son front à son tour.
HENRI
Pardonnez, dites?
MARIE, même jeu, très bas, l'embrassant. Jamais.
LOISEL
Amen.
FIRMIN, annonçant.
M. Georges Vautier.
GEORGES, s'arrêtant sur le pas de la porte.
Mais je tombe en pleine réception.
HENRI, allant à lui.
Du tout... du tout... Nous sommes en famille.
MARIE, allant au-devant de lui.
Cher monsieur.
Ils se serrent la main.
HENRI, à ses beaux-parents.
Mon ami Georges Vautier, que vous avez vu à mon mariage.
LOISEL
Charmé, monsieur. Il paraît que vous êtes un grand voyageur... Toujours en route.
GEORGES
C'est-à-dire que je me déplace assez facilement. Le tout pour ça est de rester garçon et de ne pas tenir à sa cuisinière.
LOISEL
Ah! les voyages! Si j'avais pu, moi... Ça aurait été mon rêve! Mais dans le commerce, pas moyen. Entre l'échéance du premier et celle du quinze, les longs parcours ne tiendraient pas.