EMMA, EDGARD, AMÉDÉE
BHMA, entrant sans voir Edgard et allant à son bureau.
Me voici enfin, monsieur Amédée; je me suis’un peu oubliée ce matin, mais nous allons réparer le temps perdu... . (Apercevant Edgard,) Eh ! mais, c^cst monsieur de Brévanhes !
BDGARD.
Oui, Madame, exact au rendez-vous d’aflbire que vous avez daigné m’accorder cette nuit.
EMMA, sbdriant.
Il le fallait bien... vous me demandiez je ne sais quels renseignements de commerce au milieu d’un quadrille, et j’écoute si mal en dansant.
EDGARD
, Je suis loin de m’en plaindre, madame ; jd m’applaudis au contraire d’une maladresse qui me procure l’occasion dé vous revoir, (a p»rt.) Excellent prétexte !
ÉkUA.
Donnez-vous donc la peine de vous asseoir... Vous permettez ? je suis à vous... (A Amédée.) Avei-vous préparé la correspondance, monsieur Amédée?
AM^DÉB, lui présentant dos lettres.
Tout est là. Madame.
EMMA
C’est bien, donnez. (Elle prend ses lettres.)
EDGARD, à part.
Elle va se débarrasser de lui.
EMMA, tendant une lettre à Amédée.
Celle-ci ne partira que demain, (a Edgard tow en parcourant les papiers.) Je VOUS écoute, monsieur.
EDGARD
Moi, Madame?
Oui, s’il vous plaît; rappelez- moi donc ce que vous disiez.
EDGARD
Ce que je disais... là... tout'à l’heurè?...
EMMA, de même.
n... celte nuit... pendant le quadrille. (A Améàée.) Vous
SCÈNË IV. 7
mettez le 25... c’est le 20 que la maison d’Aubréo du Havre doit faire cet envoi.
AMÉnéc.
Monsieur André croyait ponrlant...
EMMA
Non, j’en suis sûre... voyez le carnet... (A Edgard.)Eh bien ! monsieur?
EDGAIID.
Pardon, Madame, je ne sOis pas pressé... j’attendrai que vous soyez libre.
EMMA
. Oh! ne faites pas attention... je puis très-bien vous entendre... j’ai l’habitude... (Elle feuUlete le carnet qu'Amédée lui présente.)
8DGARD. >
Ah! (A part.) Mais moi je ne pas l’habitude... parler à une femme avec cet accompagnement... l’orchestre de Strauss, à la bonne heure, mais...
EMMA, àAmédée en lai montrant le carnet.
Tenez, vous voyez?... le 20. (a Edgant.) L’affaire est urgente, m’avez-vous dit?
< , • . EDGARD
Oui, madame, très-urgente... (Apart.) Je ne sais plus où j’en suis.
EMMA, tout en signant des lettres.
De quoi s’agit-il donc?
EDGARD
C'est une traite de mon oncle... une traite sur Bordeaux.
EMMA, A Amédée.
Êtes-vous bien sùr de ce que vous dites là?
' BOGARD, croyant qu’elle lui parle.
Si j’en suis sûr I
AMéDÉB.
Oui, madame, ce chargement dé grains est arrivé de Marseille.
EDGARD, A part.
Un chai^ement de grains à présent! je suis venu trop tôt. Je tombe dans le coup deifeu.
EMMA, A Edgard.
Eh bien! celte traite, s’il vous plaît?
, EDGARD, eberebant dans son portefeuitle.
Oui, madame, oui. (Présentant la traite.) Voici, madame.
EMMA, y jetant un coup d’oeil.
Ce n’est pas une traite, c’est un mandat.
EDGARD
Vous croyez?... c’est possible... un mandat...
EMMA
Parfaitement en règle...