SCÈNE XV
EMMA
Là, là, ne vous fâchez pas.
AMDRÉ.
Je me fâcherai... si je veux.... ,
EMMA, avec douceur.
On fera meilleure mine à votre ami, et pourvu qu’il renonce à scs prétentions sur Louise...
ANDRÉ
Il suffit, j’ai promis.
EMMA
Permettez...
ANDRÉ
Ce qui est dit est dit.
EMMA
Mais...
ANDRÉ
Ma nièce est ma nièce; qu’est-ce qui conteste?
EMMA
Personne, mon ami, personne.
ANDRÉ
A la bonne heure! dès lors, j’entends et j’ordonne que Mathieu se réintègre dans cette maison.
EMMA
Soit! mon ami, il reviendra! calmez-vous?
ANDRÉ
El en môme temps, vous direz au chef de se distinguer, parce que j’ai du monde à dîner...
EMMA
Ah!
Et d’abord, un autre ami que j’ai rencontré près d’ici... monsieur de Brévannes.
EMMA
Monsieur de Brévannes ?
ANDRÉ
Oui, monsieur de Brévannos, encore un qui n’a pas le bonheur de vous plaire... (Mouvement d’Emma.) a preuve que ce matin, quand j’ai voulu l’inviter, vous vous êtes opposée...
EMMA
J’avais peut-être des raisons.
'' i ANDRÉ.
C’est comme pour ce pauvre Rabinel.
EMMA
Rabinel !
ANDRÉ
On m’a dit en bas qu’il était venu cinq ou six fois, et que vous étiez permis de l’intercepter... Est-ce vrai ça...
EMMA
Mon ami, j’avais aussi mes raisons.
ANDRÉ
Quelles raisons?...
MADÂItôE APtôftÉ.
EMMA
Tenez, vous n’ôtes pas bien disposé pohr lés entendrez, dans un autre moment, je vous irai tout.
, ANDRÉ
Non, tout de suite, s’il vous plaît, tout de suite, j'en ai assez de vos mystères ot de vos cachotteries, parlez;' madame, voyons, de quoi s’agit-il?
EMMA
Eh! mon Dieu! il s’agit d’affaires... ainsi...
ANDRÉ
D’affaires?... ah! ca mais, je suis le chef de la màisdn, à ce qu’il me semble; cette affjiire là, c’est mon affaire; j,e veux connaître toutes mes affaires; allons, madame, rcndé’zmoi compte; me voilà à môh bureau, (n s'installe.) Car c’est mon bureau, je veux tout savoir, tout voir, tout gérer par moi-môme... ou sinon.
EMMA. '
Il suffit... désormais on vous obéira.
C’est heureux !
EMMA, à part.
Ah! monsieur André 1 (Haut ) Vous voulez commander, diriger et disposer dé tout a votre guise?
ANDRÉ
4e le veux, l’entends et le prétends. *. ... i
EMMA. .. ... . *
Eh bien ! pour commencer, tenez, voici les livres "de caisse, les registres, la correspondance, les derniers inventaires, les étals de crédit et d'escompte. a
ANDRÉ. I
Bien!... ^ ,•
EMMA, mettant les registres sur le’trareàu 6 mesure qu'elle les indique.
Les carnets, l’inscription d'ordre, l’iigekldà, ’ la rnàin coi
coo-
moignon; -inO
rante, le brouillard...
EMMA
Et de plus, les dés de ce bureau... celles du portefeuille, du
cartonnier, de la grande et <le la petite caisse (Montrant un
trousseau.) Celles de la bibliothèque, do la caisse d’argenterie, celtes des armoires et secrétaires, de la serre, du caveau, de la chambre verte, des trois bureaux, etc., etc. Vous pouvez Içs compter, il y en a soixante-quinze.
ANDRÉ, pwyaqnt tés Etés- Soixante-quinze!, .. -
EMMA, lui présentant des papiers.
Vous aurez aussi à terminer nos comptes avec les maisons 1 • moff et Varansky, d’Odessa, nos opérations avec Londres,