‹ Madame Aubert, drame en quatre actes, en proseChapitre 42 sur 88 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

poste droit, iis te relèvent tons déni en joignant les épées. Le marquis bat l’épée de son fils et le désarme en se redressant. S'arrêtant.) Tout cela est bien faible, Armand 1

ARMAND

Ce n’est que votre seconde leçon, mon père!

•LE MARQUIS

C’est vrai!... Il paraît que ton ami Georges est déjà une fine lame, luil .

ARMAND

Oui, il est très-fort, (ils se remettent en garde.)

LE MARQUIS

Tant mieuxl... Dégagez!... car ce Georges est un gentil garçon, que j'aime. . Parez!... que j’aime beaucoup!... Dégagezl... (S’arrêtant brusquement en abaissant le fleuret d’Armand.) Mais qu’est-ce que tu as donc? ., ton fleuret a la fièvre! Il faut réprimer tes nerfs. (Armand porte no coup droit, puis un dégagement d’épée en tierce, puis deux coups do sccoude en marchant. Le marqnis pare deux fois tierce et riposte.) Si lu n’es pas de sang-froid maintenant, comment serastu donc sur le terrain! Tu te feras tuer, malheureux!... Parez... Ah! touché! louché! touché encore! (Gaiment.) Tu es un homme mort! (il reprend sa chaise de droito et s'assied.) Reposons-nous un peu !

, ARMAND, serrant les mains an marquis et se forçant è sourire.

Je vous remercie, mon père. Grâce à vous, bientôt je ne craindrai plus personne.

LE MARQUIS, s’essuyant la front.

Je l’espère pour toi, cher enfant.

ARMAND, continuant avec une gravité mélancolique en regardant sou père

avec tendresse.

Et pourtant, même très-brave, même très-fort, on peut succomber!...

LE MARQUIS; légèrement.

Eli! mon Dieu, oui!

ARMAND

Ah! cher père! si j’allais te quitter un jour pour ne plus te revoir.

LE MARQUIS, grave un instant.

Ah!... tu me laisserais bien malheureux... Mais par Saint- Georges, nous n’en sommes pas là! et...

ARMAND, suivant sa pensée.

Il y a quelqu’un qui serait bien malheureux aussi... et de qui, mon père, il faut que je vous parle!

LE MARQUIS

Ton ami Georges?

Oui... peut-être!... mais une autre personne encore.

LE MARQUIS

Eh! qui donc?...

Blanche de Preuves, mon père!

LE MARQUIS

Ah! oui! ouil — Sais-tu que tu es très-réjouissant, ce matin!

ARMAND

Bah! Pour une fois!... Si un tel malheur m’arrivait, mon père, il faudrait... — Ce serait mon vœu !... — te réconcilier avec M. de Preuves. Il est vieux et épuisé! toi, tu vivras cent ansl tu veillerais sur Blanche, en souvenir de moi !

le marquis, se levant.

De plus en plus gai!

ARMAND

Vous le feriez, n’est-ce pas?

LE MARQUIS

Eh! oui, par la mordieu... je le ferais, mais, comme tu m’ennuiesl... Allons, en garde! que jè t’apprenne à ne pas te laisser tuer, pour que je n’aie pas des corvées pareilles!...

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