ACTE DEUXIÈME
GEORGES
Vous comprenez à présent...
LE MARQUIS
Je commence... Mais il y a une chose que vous auriez dû comprendre tout de suite, vous, monsieur Georges...
GEORGES
Laquelle, monsieur le marquis ?
LE MARQUIS
C’est qu’un homme comme moi, ne reprend jamais ce qu’il donne.
GEORGES
Un homme comme vous monsieur le marquis, s’il ne reprend pas ce qu’il donne, ne crie pas sur les toits ce qu’il a donné, de peur qu’on ne croie plus à l’ostentation qu’à la générosité...
BERTIN
Georges!... (Le marquis arrête Berlin du geste.)
GEORGES, continuant.
Un homme comme vous signe sa noblesse par des actes nobles... comme vous en avez fait, monsieur le marquis!... Et ce serait encore un acte noble, pour un homme comme vous, que de reprendre ici ce que vous avez donné I parce qu’en le reprenant, vous rendriez justice à un homme comme moi.
Très-bien, monsieur; j’estime votre caractère. Mais ce que vous me demandez est impossible t
BERTIN, doucement.
Non, monsieur le marquis!
LE MARQUIS, arec force.
Impossible, monsieur Bertin. (A Georges.) Brisons làl...
GEORGES
Soit ! je ne tiens plus qu’à déclarer devant vous à M. Bertin, ce
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qu’il déclarera hautement chaque fois que mon nom ou celui de ma mère sera prononcé devant lui. . c’est que la dernière fortune de M. de Saint-Géry appartient aux pauvres.
LE MARQUIS, arec no peu d'ironie.
Oh ! oh ! je vous remercie pour les pauvres et pour moi, monsieur le puritain... Mais... en voilà trop là-dessus! Est-ce uniquement pour cette affaire que M. Berlin et vous, êtes venus ici ?
GEORGES
Oui, monsieur le marquis.
LE MARQUIS
Oui?... Rien n’est donc arrangé, Berlin?
Mais... en quoi?...
LE MARQUIS, s’animant.
En quoi !... (Montrant ses traits décomposés.) Mais regardez-moi donc!
BERTIN
Vous savez...
LE MARQUIS
Tout! hors la cause de la querelle, que je désire connaître?
GEORGES
Monsieur le marquis, je vous ai insulté...
LE MARQUIS, bondissant.
Vous, monsieur!...
GEORGES, achevant.
Devant votre fils.
LE MARQUIS
Devant... (A loi-même arec tendresse et douleur.) Mon enfant! (Haut.) Et pourquoi monsieur Georges m’a-t-il insulté?