SCÈNE V
Les Mêmes, LE MARQUIS, en désordre, brisé, épnisé, vieilli.
MADAME GHIOlSet bertin, ensemble.
Eh bien?...
LE MARQUIS
Eh bien?... (Silence, il reprend avec désespoir après les avoir regardés.) Ah! j’avais voulu me faire croire que je les trouverais ici!... et... ni l’un ni l’autre?... non?...
BERTIN, abattu, il remonte vers la porte.
Non.
MADAME AUBERT, tombant assise sur la causeuse, b elle-même.
Ni l’un ni l’autre!
LE MARQUIS, qui l'aperçoit, avançant dans le salon d'un pas indécis. Ahl vous êtes là! Au fait, où seriez-vous, pauvre femme!... Vous souffrez, n’est-ce pas? (Étouffant.) Moi aussi, moi aussi!... (A madame Griois.) C’est sa mère, à Georges!... oui!... Elle tremble pour lui, voyez-vous!... Moi, je tremble pour tous les deux, car...
(Pins bas avec una terreur mystérieuse.) ce sont mes enfants ! tous les deux!... Oui! oui!... Mais Armand! mon Armand! si noble! si brave, si indulgent pour moi! si je le perdais, Dieu puissant!... C’est à trois heures qu’ils se battent... Quelle heure est-il? Il est... (Montrant la pendule.) Je ne vois plus clair. . Depuis ce matin, j'ai vieilli de dix ans! Après tout, un coup d’épée n’est pas toujours mortel... Il faut se dire çal... Et ils vont arriver, n'est-ce pas, ma belle amie?... Madame Berlin, comment va-t-elle?... Ils vont arriver!... ah! j’ai été partout! partoutl... je n’en puis plus 1 On a sonné, je crois?
MADAME G R IOIS, le forçant doucement à s’asseoir b droite, tandis que Bertin va regarder au fond.
Monsieur le marquis...