SCÈNE PREMIÈRE
SOUZOUKI, priant devant le Bouddha, BUTTERFLY
SOUZOUKI
« Et Tzaghi et Izanami, Saroundasico et Kami... » ...Ma pauvre tête !... « Et toi, Ten sjo-odaj, « Faites que Butterfly « Ne pleure plus jamais ! jamais ! »
BUTTERFLY
Ventrus et lâches sont les dieux du Japon ! Le Dieu, que l'Amérique chrétienne adore, Est moins sourd et répond A qui l'implore !
Mais peut-il faire grâce à des maux qu'il ignore ?
(A Souzouki.)
Souzouki, la misère est prochaine ?
SOUZOUKI, ouvrant un meuble.
Quelque monnaie à peine !
BUTTERFLY Guère !... Oh ! trop de frais !
SOUZOUKI
Sauf, qu'il revienne, Et vite, la détresse est certaine !
BUTTERFLY Il viendra !
SOUZOUKI
Viendra-t-il.
BUTTERFLY
Par le Consul Pourquoi fait-il du bail payer le terme
Sais-tu pourquoi ?
Pourquoi fit-il tant clore La cage où son amour constant m'enferme, S'il ne devait y revenir jamais ?
SOUZOUKI Je ne sais !
BUTTERFLY
Tu ne sais !
Mais je t'explique :
C'est pour mieux laisser dehors parents et moustiques, Soucis et peines, et dedans, sous sa garde jalouse, Son épouse, L'épouse qu'il s'est choisie, Butterfly !