ACTE DEUXIÈME Jg
SOUZOUKI
Las ! nul ne se rappelle Mari nomade, rentrant à son nid fidèle !
BUTTERFLY
Ah I tais-toi, sur ta vie!
Le jour de son départ : « Vous dois-je attendre, <t Seigneur », lui ai-je dit? Lui, de sa voix si tendre,
Pour calmer mes alarmes,
Il me dit : « Plus de larmes, « O Butterfly, chère petite femme;
« Attends-moi, quand la rose
« Refleurit fraîche éclose, « Et quand le rouge-gorge fait sa nichée ! » 11 reviendrai
SOUZOUKI
Tant mieux I
BUTTERFLY
Dis comme moi 2
Il viendra I
(Elle pleure.)
SOUZOUKI
Il viendrai
BUTTERFLY
Tu pleures ? pourquoi ?
Pourquoi?... c'est la foi Qui te manque ! . .. Ecoute ! ... Sur la mer calmée,
Un jour, une fumée Montera comme un blanc panache!
lit c'est un beau navire, qui, faisant relâche*
Entre dans la rade !
Entends sa canonnade f Ecoute et regarde I Moi, d'accourir, je n'ose ! Non, non I je reste là,guettani Sur la route ! J'écoute ! Pourtant
Qu'il m'en tarde, Presque joyeuse, l'heure s'écoule!
. . . Voici qu'on peut distinguer, dans la foule, Un homme qui chemine, Et gravit la colline ! Qui est-il? qui est-il?... Jusqu'au seuil il arrive.
Que dit-il ? que dit-il ?
Je l'entends « Butterfly » sans qu'il me voie ! Moi, je me tais, cachant mon émotion trop vive, Par badinage. . . et pour ne pas mourir de joie! Et lui, le cœur en peine, M'appelant. redira « Petite femme aimée,
« Au parfum de verveine ! »
Doux noms auxquels je suis accoutumée I
Tout cela
Adviendra,
Je te l'assure ! sois désormais sans crainte ! moi,
Du profond de l'âme, j'ai foi.